Yaoundé : Maurice Kamto et le MRC interdits de manifestation

Par arrêté signé le 27 novembre 2025, le sous-préfet de Yaoundé IV a formellement refusé de donner son feu vert à la tenue de la convention extraordinaire du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun prévue le 29 novembre, ayant pour objectif le renouvellement du directoire du parti qui devait acter le retour de son leader à la présidence.

Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun devra prendre son mal en patience avant de reprendre officiellement les rênes de son parti. En effet, Maurice Kamto et l’ensemble de ses militants et sympathisants ne tiendront pas leur convention extraordinaire initialement convoquée pour le samedi 29 novembre 2025, faute d’autorisation de manifestation publique.

En effet, le sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé IV a formellement interdit cette rencontre politique par arrêté signé le 27 novembre. Pour s’opposer à la tenue de cette convention, l’autorité administrative excipe des risques de « menace grave de trouble à l’ordre public » que ferait peser la tenue de cette manifestation du parti de l’opposition. Une décision d’interdiction de manifestation à forte coloration de conspiration politique, croit savoir un cadre du parti politique de Maurice Kamto, qui y voit un autre coup fourré du MINAT dans sa stratégie de musellement des formations politiques de l’opposition et de leurs leaders.

En réponse à cette décision de l’autorité administrative, la direction du MRC déclare prendre acte de cette interdiction et annonce le report des assises de cette convention extraordinaire au cours de laquelle Maurice Kamto devait officiellement reprendre les rênes du parti. Mamadou Mota, président par intérim du MRC, a en effet annoncé un report à une « date ultérieure ». Un revers de taille pour la formation, alors que la convention extraordinaire du 29 novembre devait acter le renouvellement du directoire du parti, marqué notamment par le retour triomphal de Maurice Kamto après le camouflet du rejet de sa candidature à la présidentielle du 12 octobre dernier, qu’il entendait briguer sous la bannière du Manidem.

Boycott régionales

L’on se rappelle que Maurice Kamto avait momentanément abandonné les rênes de son parti en juillet dernier dans le but de ne pas être en porte-à-faux avec la loi, en se présentant comme candidat à l’élection présidentielle sous les couleurs de la formation politique de Anicet Ekane. Ne disposant pas d’élus locaux pour cause de boycott du double scrutin du 06 décembre 2020, le MRC ne pouvait en effet investir de candidat à cette élection.

C’est donc le Manidem d’Anicet Ekane qui a accepté d’investir Maurice Kamto, à la condition que ce dernier y prenne formellement sa carte. Pour ne pas être militant de deux partis politiques simultanément, il avait alors cédé la présidence du MRC au premier vice-président, Mamadou Mota. La convention extraordinaire du samedi 29 novembre dernier s’annonçait comme un boulevard pour Maurice Kamto, seul candidat en lice annoncé pour le poste de président du MRC, contrairement aux autres postes du directoire du parti ouverts à la concurrence. Et de fait, cette assemblée devait entériner son retour comme leader du MRC, en refermant la parenthèse ouverte par son départ de la présidence au moment de la présidentielle.

L’interdiction de la tenue de la convention décidée par les autorités continue à faire des vagues au sein du parti qui entre dans une phase d’incertitude, s’agissant de son fonctionnement interne, et surtout en rapport avec un calendrier politique qui s’emballe, et que ponctue plusieurs échéances électorales. D’autant que le parti a à cœur de redorer son blason au niveau de l’échiquier politique local en prenant justement part aux scrutins annoncés, notamment les législatives.

Evariste Menounga

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