Yaoundé étanche sa soif: Plus de 110 milliards de FCFA pour 285 000 m3
Grace à ces conventions, la capitale politique et ses environs ne connaitront plus désormais les pénuries d’eau potable. Le projet est présenté comme une excroissance d’approvisionnement à partir du fleuve Sanaga.
Le 13 février 2026, Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie a signé trois conventions de financement avec des banques étrangères pour un total 111,6 milliards de FCFA. Ces fonds serviront à financer le projet de reconfiguration du système d’eau potable de Yaoundé, en trois lots avec : ING banque de Belgique (39,36 milliards de FCFA), Belfius bank Belgique (39,36 milliards de FCFA), et Deutsche Bank en Italie (25,27 milliards de FCFA). Le projet est présenté comme une excroissance d’approvisionnement en eau potable de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga (Paepys), achevé et inauguré depuis 2024. Ce projet fait suite Paepys qui a construit une station de production à Batschenga (300.000 m3/jour), extensible à 400.000m3/jour.
Malgré la nouvelle station de Batschenga, Yaoundé souffre encore de manque d’eau dans certains quartiers. De plus, Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’énergie, reconnait malgré que ce renforcement ne suffît pas à elle seule à améliorer la desserte de toutes les populations. La station d’Akomnyada ne produisant que 100 000 m3/jour pour une demande estimée à 315 000m3/jour, le Paepys a vocation à combler le gap de 215 000m3. Mais le réseau de distribution actuel n’est pas adapté, d’où la nécessité de le reconfigurer pour intégrer les 285 000 m3/jour supplémentaires et faire 30.000 nouveaux branchements. L’objectif : passer de 40% à 61% d’accès à l’eau potable à Yaoundé. L’objectif final est d’améliorer l’accès à l’eau potable pour les populations, en augmentant la production et la distribution d’eau potable dans la ville.
Lors de la défense de son enveloppe budgétaire à l’Assemblée nationale en décembre 2025, le ministre de l’eau et de l’énergie a précisé que, « ce projet vise à garantir l’intégration harmonieuse dans le réseau d’eau potable de la ville de Yaoundé, du flux d’eau additionnel d’une capacité de 285 00m3/jour qui viendra du Paepys ; à accroitre le proportion de la population de la métropole de Yaoundé (Yaoundé urbain, Soa, Mbankomo) qui utilise l’eau potable pour passer de 40% à 61% ceci à travers la réalisation de 30 000 nouveaux branchements particuliers ». Au-delà de la desserte, le ministre Gaston Eloundou Essomba indique le projet doit contribuer à « améliorer le rendement de réseau » de 50% à 71% à augmenter la capacité de stockage de 100 310m3 à 122 810 m3, et à étendre le réseau structurant secondaire et tertiaire via la pose de 525 Km de canalisation.
Selon Alamine Ousmane Mey, ce projet contribuera à atteindre l’ODD 6, qui vise à garantir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous. Mais il reste encore du chemin à parcourir, car plus de 30% de la population camerounaise n’a toujours pas accès à l’eau potable. « A travers l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, le projet va accroitre la contribution du Cameroun à l’atteinte du sixième objectif de développement durable. L’ODD 6, qui tend à garantir à tous l’accès à l’eau, à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ». La signature intervient alors que s’achevait à Yaoundé le 23ème congrès de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (Aaea), organisé par le Cameroun.
Diane Kenfack

