Visas britanniques: Le Cameroun dans la liste noire
Dès le 26 mars prochain, le gouvernement britannique va mettre fin aux visas d’études pour les ressortissants du Cameroun, d’Afghanistan, du Myanmar et du Soudan, ainsi qu’aux visas de travail pour les Afghans.
Selon le site officiel du gouvernement britannique (www.gov.u), un « frein d’urgence » sur les visas a été imposé pour la première fois aux ressortissants de quatre pays, dont le Cameroun, à la suite d’une forte augmentation des demandes d’asile par voie légale. Les demandes d’asile émanant d’étudiants originaires d’Afghanistan, du Cameroun, du Myanmar et du Soudan ont explosé de plus de 470 % entre 2021 et 2025, ce qui en fait les nationalités les plus susceptibles de demander l’asile.
Les demandes d’asile déposées par des étudiants originaires du Cameroun et du Soudan ont augmenté de plus de 330 %, ce qui représente une menace insoutenable pour le système d’asile britannique. Bien que le gouvernement ait réussi à réduire de 20 % le nombre de demandes d’asile déposées par des étudiants au cours de l’année 2025, des mesures supplémentaires sont nécessaires, car les personnes arrivant avec un visa d’études représentent toujours 13 % de l’ensemble des demandes dans le système. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a également réduit d’un milliard de livres sterling le budget consacré à l’aide aux demandeurs d’asile.
Par ailleurs, le nombre d’Afghans titulaires d’un visa de travail qui demandent l’asile dépasse désormais le nombre de visas délivrés. Dans une mesure sans précédent, le ministère de l’Intérieur mettra ainsi fin aux visas d’études parrainés pour les ressortissants des quatre pays et aux visas de travail qualifié pour les ressortissants afghans. Des mesures sévères s’imposent, car les demandes d’asile par voie légale ont plus que triplé depuis 2021, représentant 39 % des 100 000 personnes qui ont déposé une demande l’année dernière. Au total, 133 760 personnes ont demandé l’asile après être arrivées légalement au cours des cinq dernières années.
Beaucoup sont alors hébergés aux frais du contribuable, avec une proportion supérieure à la moyenne de personnes originaires de ces quatre pays qui se déclarent sans ressources. L’aide aux demandeurs d’asile coûte actuellement plus de 4 milliards de livres sterling par an, avec près de 16 000 ressortissants de ces quatre pays actuellement pris en charge par les deniers publics, dont plus de 6 000 dans des hôtels. Le gouvernement lutte contre les abus en matière de visas afin que nous puissions conserver notre capacité et notre fière tradition d’aider ceux qui en ont véritablement besoin.
La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood a déclaré : « La Grande-Bretagne offrira toujours refuge aux personnes fuyant la guerre et les persécutions, mais notre système de visas ne doit pas être détourné. C’est pourquoi je prends la décision sans précédent de refuser les visas aux ressortissants qui cherchent à exploiter notre générosité. Je rétablirons l’ordre et le contrôle à nos frontières ».
Ces mesures font également suite à la décision du Premier ministre d’adopter une approche diplomatique plus ferme afin de garantir le respect constant de nos règles et l’équité du système migratoire. Entre 2021 et l’année se terminant en septembre 2025, la proportion de demandes d’asile afghanes par rapport aux visas d’études délivrés était de 95 %, tandis que les demandes des étudiants du Myanmar ont été multipliées par seize au cours de la même période.
Cette annonce intervient quelques jours après que le gouvernement ait confirmé que la protection accordée aux réfugiés serait réduite de moitié, passant de 30 mois à partir du 2 mars 2026, afin de réduire les facteurs d’attraction qui poussent à entreprendre de dangereuses traversées en petits bateaux. En novembre, le ministre de l’Intérieur avait menacé de suspendre tous les visas britanniques pour l’Angola, la Namibie et la République démocratique du Congo si leurs gouvernements n’acceptaient pas de reprendre les migrants illégaux.
Quatre mois plus tard, la coopération a été établie avec les trois pays. Les vols ont repris et les migrants illégaux et les délinquants étrangers sont renvoyés dans leur pays. Le gouvernement s’est également engagé à ouvrir de nouvelles voies sûres et légales, en remplacement des traversées dangereuses en petits bateaux, une fois que l’ordre aura été rétabli dans le système d’asile.
Depuis 2021, la Grande-Bretagne a offert l’asile à plus de 37 000 Afghans dans le cadre de ses deux programmes de réinstallation, tandis que 190 000 visas ont été accordés pour des raisons humanitaires en 2025. Entre 2010 et 2025, le Royaume-Uni a réinstallé le sixième plus grand nombre de réfugiés référés par le HCR dans le monde, démontrant ainsi l’engagement de ce gouvernement à aider ceux qui en ont véritablement besoin. Le frein aux visas sera introduit par une modification des règles d’immigration le 5 mars 2026 et entrera en vigueur le 26 mars 2026.
Maixent Fegue

