Vice-présidence : Le Cameroun franchit le cap institutionnel

Réuni en congrès, le Parlement examine depuis ce 2 avril le projet de loi portant révision de certaines dispositions de la constitution, instaurant un poste de vice-président.

Ce qui se murmurait depuis plusieurs mois dans les cercles du pouvoir vient de prendre corps. En convoquant le Parlement en congrès ce 2 avril, le président de la République, Paul Biya, a officiellement enclenché un processus de réforme constitutionnelle qui pourrait redessiner durablement les contours du pouvoir exécutif au Cameroun.

Déposé sur la table des parlementaires réunis en congrès à la demande du chef de l’État, le projet de loi sur lequel doivent se prononcer les élus de la nation modifie et complète certaines dispositions de la Constitution du 18 janvier 1996, déjà révisée en 2008.

Au cœur de cette réforme figure en bonne place l’instauration d’un poste de vice-président de la République.À en croire le texte parvenu à notre rédaction, le vice-président est nommé par le président de la République. Celui-ci pourra mettre fin à ses fonctions à tout moment.

Il exercera uniquement les compétences que lui délègue expressément le chef de l’État. Le projet précise également que la durée du mandat du vice-président ne saurait excéder celle du président.Mais c’est surtout en matière de succession au sommet de l’État que la réforme introduit une innovation qui attire l’attention.

En cas de vacance de la présidence, le vice-président est appelé à achever le mandat en cours, après avoir prêté serment dans les mêmes conditions que le président de la République. Il lui reviendra alors de nommer à son tour un vice-président. vice-président.Toutefois, le texte prévoit un mécanisme alternatif en cas d’empêchement du Vice-Président ou si le poste est vacant. Dans cette hypothèse, une élection présidentielle est organisée, tandis que l’intérim est assuré de plein droit par le président du Sénat.

Il s’agit là d’un dispositif qui redéfinit en profondeur le régime actuel de suppléance. Sur le plan institutionnel, plusieurs autres dispositions constitutionnelles sont impactées, notamment les articles 5, 6, 7, 10, 53 et 66.Au-delà des aspects juridiques, l’exposé des motifs met en avant les bénéfices attendus de cette réforme.

Entre autres, l’instauration d’un tandem exécutif qui vise à renforcer l’efficacité dans la conduite des affaires de l’État, tout en améliorant la représentation nationale à l’international lorsque le vice-président agit au nom du président Autre avantage avancé : la rationalisation du fonctionnement institutionnel. En confiant explicitement le mécanisme de suppléance à l’exécutif, le texte entend éviter la mobilisation du Parlement dans des situations de transition, lui permettant ainsi de se concentrer pleinement sur sa mission législative.cette réforme, si elle est adoptée, aura des répercussions sur l’architecture juridique existante.

Au moins deux textes devront être révisés : le Code électoral de 2012, notamment en ce qui concerne la prestation de serment et la vacance à la présidence, ainsi que la loi portant organisation du Conseil constitutionnel, pour l’adapter aux nouvelles modalités de constatation de vacance du pouvoir.

Ce projet de loi s’inscrit dans la continuité du discours de prestation de serment du chef de l’État, le 6 novembre 2025, dans lequel il annonçait des ajustements institutionnels destinés à rendre l’État plus efficace et mieux adapté à son environnement.

Julien Efila

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