Terminal à Conteneurs de Douala: L’extension du Quai 17 officiellement lancée
La pose de la première pierre de cet ouvrage de 250 mètres linéaires, complété de près de 8 hectares de terre-pleins, a eu lieu le 11 juillet 2025. Coût du projet, 47 milliards FCFA.
Le Port Autonome de Douala (PAD) a entamé une nouvelle phase de transformation. L’extension du Terminal à Conteneurs, a été concrétisée par la pose de la première pierre du futur Quai 17 le 11 juillet 2025. Estimé à 47,2 milliards FCFA, dans le cadre d’un partenariat public-privé, ce nouvel ouvrage de 250 mètres linéaires, complété par 7,9 hectares de terre-pleins, vise à faire de Douala-Bonabéri un hub logistique régional à l’échelle du Golfe de Guinée. Outre l’ouvrage principal, le projet comprend la construction d’un poste Roro (roll-on/roll-off) et l’extension de 1 200 mètres de voies pour portiques RTG.
Par cette action, le PAD anticipe une croissance rapide des flux. Selon les prévisions du Schéma Directeur de Développement 2020–2050, le trafic conteneurisé pourrait passer de 380 000 EVP aujourd’hui à près de 800 000 EVP en 2030, et atteindre 1,8 million à l’horizon 2050. « Il s’agit d’une réponse à la saturation progressive du terminal actuel, mais aussi à une dynamique de croissance qui exige une montée en capacité », a expliqué Cyrus Ngo’o, Directeur général du PAD. « Avec le Quai 17, nous pourrons accoster jusqu’à quatre navires en simultané, contre trois aujourd’hui, tout en augmentant significativement les capacités de stockage ».
Ce chantier, a-t-il précisé, s’inscrit dans les priorités du gouvernement. « Lors de son discours à la Nation du 31 décembre 2023, le président Paul Biya a affirmé son ambition de faire du port de Douala-Bonabéri, un port moderne, compétitif et un véritable hub régional au service de l’économie nationale ». Ainsi, présidant la cérémonie, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngallè Bibehè, a salué « l’une des mesures les plus fortes du septennat en cours ». Pour lui, ce projet « amorce une dynamique appelée à se déployer aussi bien à Limbé qu’à Kribi, au bénéfice des populations et de l’économie régionale ».
Une infrastructure stratégique pour le pays et la sous-région
D’après Cyrus Ngo’o, au-delà des aspects techniques, ce développement est une stratégie nationale de souveraineté logistique. « C’est une étape décisive dans la reconquête de notre autonomie portuaire ». Il a aussi indiqué que, le projet est mis en œuvre via un partenariat public-privé (PPP), conclu entre le PAD et la Société de construction et d’exploitation du port de Douala-Bonabéri (Scepdb), filiale du groupe français Negri et Fils. A l’en croire, ce montage, acté par la convention du 6 décembre 2022, confie à l’opérateur privé l’ensemble des investissements et des risques, sans garantie ni caution de l’État ou du PAD.
« Le financement, les études et la construction sont entièrement à la charge du partenaire, qui exploitera les installations pendant dix ans avant leur rétrocession », a précisé la direction du PAD. En outre, la convention prévoit 30 mois de travaux répartis en trois phases : construction du quai et des terre-pleins, réalisation du poste Roro, et extension des voies RTG. L’entrée en service est prévue pour 2025, avec des tarifs conformes à ceux déjà appliqués, assurant la continuité de service pour les usagers.
Selon les éclaircissements de l’autorité portuaire, l’attribution du marché a suivi une procédure concurrentielle, initiée dès juin 2021. « Huit candidats ont été mis en compétition après signature de protocoles d’accord, et leurs offres techniques et financières ont été évaluées selon les critères définis. L’investisseur Negri a été retenu sur avis favorable du Comité Consultatif d’Orientation du Port ». « C’est la continuité de notre engagement au service du Cameroun depuis 2014 », a déclaré Raphaël Abouem, Directeur commercial Afrique chez Negri et Fils. « Nous garantissons un coût maîtrisé, sans variation pendant les travaux, quelles que soient les contraintes ».
Cependant, les retombées attendues dépassent le périmètre portuaire immédiat. Le projet vise à renforcer la compétitivité du Cameroun, améliorer la logistique nationale et soutenir l’économie locale. Il s’intègre à d’autres projets structurants comme la Zone Logistique Multimodale de Missolé 1 et l’extension future du port vers l’île de Manoka.
Hélène Tientcheu

