Syrile Donfack, Promoteur PME: « Les entreprises locales construisent leurs références »
En quoi cette séance représente-t-elle une opportunité pour votre secteur ?
Nous travaillons avec plusieurs industries dans le domaine de la construction métallique, ainsi que dans la fourniture d’engins de manutention tels que les ponts roulants et les portiques. Nous avons des partenaires à l’international qui nous accompagnent dans les expertises que nous ne possédons pas localement.
Concernant la séance qui est en train de se dérouler, c’est vraiment une satisfaction, car nous n’attendions qu’une telle opportunité. Nous pensons que l’État, ainsi que les donneurs d’ordres, commencent enfin à entendre nos cris d’alerte. Par le passé, de nombreuses activités sur lesquelles nous étions pourtant capables d’intervenir étaient totalement confiées à des entreprises étrangères. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que la tendance commence à s’inverser. Désormais, Eneo souhaite collaborer avec les PMEs, afin que ce soient ces dernières qui fassent appel, si nécessaire, à des entreprises internationales.
Mon sentiment est donc un sentiment de joie. Je pense que si, à l’issue de cette assise, les différentes remarques sont prises en compte, cela ne pourra être que bénéfique pour le Cameroun et pour l’expertise des PMEs locales. Je tiens à rappeler, d’après mon expérience à l’étranger, que ce sont les PMEs qui constituent le moteur de l’économie dans tous les pays. Je peux citer, par exemple, le Canada : ce ne sont pas les grandes entreprises qui portent l’économie, mais bien les PMEs. Je pense qu’il est temps que le Cameroun suive le même chemin.
Au regard des conditionnalités présentées, pensez-vous disposer de l’expertise nécessaire pour concurrencer ces entreprises étrangères qui détiennent la majorité des marchés ?
Je répondrai en disant que l’expertise se construit progressivement. Il n’est pas possible d’avoir toute l’expertise nécessaire du jour au lendemain. L’opportunité qui nous est donnée aujourd’hui vise justement à permettre cette montée en compétence. Je pense qu’un des intervenants a bien posé le problème : lorsqu’il y a un appel d’offres et qu’on exige 10 ans d’expérience ou 10 références spécifiques, alors même qu’on n’a jamais offert à une entreprise locale l’opportunité de faire ses preuves, comment peut-elle en disposer ? Il faut bien un début à toute chose, afin de permettre aux entreprises locales de bâtir, petit à petit, leurs références.
Propos recueillis par H. T.

