Souveraineté monétaire: Ateki Seta Caxton veut sortir du F CFA
Investi par le Parti de l’Alliance libérale (PAL), le candidat à la présidentielle du 12 octobre prochain place la rupture monétaire au cœur de son projet de société pour une souveraineté économique axée sur le développement inclusif et l’emploi.
Et si la clé de la relance économique du Cameroun résidait dans l’abandon du franc CFA ? C’est le pari audacieux d’Ateki Seta Caxton.
Avec pour objectif de doter le pays d’une monnaie souveraine, plus flexible et capable de refléter les dynamiques économiques locales, il propose une sortie concertée du F CFA, à travers une démarche participative, notamment un référendum national. Pour le candidat investi par le PAL à la présidentielle du 12 octobre prochain, ce changement est le socle nécessaire à une politique économique indépendante, en mesure de mobiliser pleinement les richesses nationales pour financer les priorités du pays, notamment l’emploi des jeunes et le développement inclusif. « Nous ne pouvons pas parler de souveraineté si notre politique monétaire est encore dictée depuis l’extérieur », affirme-t-il.
Ce, avant d’ajouter que pour qui la réforme monétaire est une condition sine qua non d’une économie autonome et résiliente. L’introduction d’une nouvelle monnaie permettrait alors de réorienter l’épargne nationale, de relancer l’investissement local et de donner une nouvelle marge de manœuvre à la Banque centrale.
L’autre pilier du programme d’Ateki Seta repose sur la décentralisation effective. Le candidat propose de porter à 25 % la part du budget national allouée aux collectivités territoriales décentralisées (contre 15 % actuellement). Cette réforme vise à renforcer la gestion locale des projets, avec un accent sur l’inclusivité et la responsabilité citoyenne dans la mise en œuvre des politiques publiques.
Sur le front de l’emploi, il promet s’il est élu de ramener le taux de chômage de 35 % à 10 % en cinq ans. Pour ce faire, il propose la création de deux institutions financières publiques : la Banque de l’entrepreneuriat, destinée à financer les projets des jeunes et des PME, et la Banque de développement pour la femme, qui accordera des subventions-crédits pour favoriser l’autonomisation économique des femmes. Ces instruments devraient permettre, selon ses projections, la création de 70 000 emplois d’ici 2030.
Conscient des fractures sociales profondes, Ateki Seta entend allouer 10 % du budget de l’État à un « paquet social minimum », une enveloppe dédiée aux secteurs de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. L’idée est de réduire les inégalités par des investissements massifs dans les services de base, pour garantir un socle de dignité et de stabilité à l’ensemble des citoyens.
Dans un pays où l’agriculture représente 17,4 % du PIB et emploie près de 62 % de la population active, le candidat du PAL ne manque pas de propositions. Il veut développer des zones agricoles pionnières le long de corridors transnationaux, facilitant l’exportation et l’intégration régionale. Cela passe par la construction d’infrastructures de transport reliant les grands bassins de production aux marchés urbains et aux pays voisins.
Sur le terrain de la gouvernance, Ateki Seta prône des mesures fermes : suppression des lignes budgétaires opaques 94 et 65, renforcement des mécanismes judiciaires contre la corruption, et surtout mutation de la Commission nationale anticorruption (CONAC) en véritable organe répressif. Il propose également l’application immédiate de l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens et un audit complet de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), symbole d’opacité dans la gestion des ressources.
Par Julien Efila

