SONARA: Les cinq piliers de la relance

Restaurer la souveraineté énergétique, moderniser l’outil industriel et réduire les importations figurent parmi les ambitions affichées par le gouvernement à travers le vaste projet de restructuration, de réhabilitation et de modernisation de l’usine de Limbé.

Derrière l’ambitieux plan de la réhabilitation, de reconstruction et de modernisation de la Société nationale de raffinage (SONARA), présenté le 29 juin dernier à Yaoundé à l’occasion du lancement par le gouvernement de la consultation internationale y relative, l’objectif premier affiché par le gouvernement est de restaurer durablement la souveraineté énergétique nationale.

En effet, depuis l’incendie du 31 mai 2019, le Cameroun dépend essentiellement des importations de produits pétroliers raffinés pour satisfaire sa consommation intérieure. Cette situation expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux et entraîne d’importantes sorties de devises. En relançant la SONARA, les autorités souhaitent alors sécuriser une partie de l’approvisionnement national tout en réduisant cette dépendance.

Augmenter significativement les capacités nationales de raffinage, tel est la deuxième ambition du gouvernement. Pour ce faire, le projet prévoit de porter la capacité de traitement de la raffinerie à 3,5 millions de tonnes de pétrole brut par an. Cette montée en puissance permettra non seulement de répondre à la croissance de la demande intérieure, mais également d’alimenter les marchés de la sous-région d’Afrique centrale.

La modernisation technologique constitue également un axe majeur du programme. La future SONARA sera équipée d’un hydrocraqueur, d’une unité d’isomérisation et d’une unité de désulfuration des gazoles. Ces investissements permettront de produire davantage de carburants à forte valeur ajoutée répondant aux normes internationales les plus récentes en matière de qualité et de protection de l’environnement.

Pour le gouvernement, cette modernisation est indispensable afin d’améliorer durablement la compétitivité de l’entreprise. L’objectif est de disposer d’un outil industriel capable de valoriser davantage le brut camerounais tout en optimisant les rendements de production.

Au plan macroéconomique, les autorités attendent également une amélioration de la balance commerciale et de la balance des paiements. En limitant les importations de carburants raffinés, le Cameroun espère réduire les sorties de devises et renforcer sa résilience face aux chocs pétroliers internationaux.

Le projet comporte aussi une forte dimension territoriale. La relance de la SONARA devrait redynamiser l’économie de la ville Limbé, où est implantée la raffinerie, à travers la création de nombreux emplois directs et indirects, le développement de la sous-traitance industrielle ainsi que l’émergence de nouvelles chaînes de valeur locales.

Au-delà de ses impacts économiques, le gouvernement présente également la réhabilitation de la SONARA comme un facteur de stabilité. Une production nationale renforcée contribuerait à limiter les effets des tensions internationales sur les prix des carburants, avec des retombées positives pour les ménages et les entreprises.

Et pour atteindre ces objectifs, le gouvernement mise sur un partenariat public-privé de type DBFM. Ce mécanisme permettra de mobiliser les financements privés, les compétences techniques internationales et les innovations technologiques nécessaires à la réussite du projet, tout en maintenant la propriété publique de la raffinerie.

Le calendrier annoncé est ambitieux. Les autorités tablent sur un redémarrage progressif des activités de raffinage dans un délai de 18 mois après le lancement des travaux, tandis que l’achèvement complet du projet est attendu sous 36 mois.

Par J.E

 

 

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