Secteur aurifère: Tour de vis sur l’exploitation illégale

En tournée dans la région de l’Est du 26 au 29 avril 2026, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, a réaffirmé la détermination des pouvoirs publics à restructurer durablement le secteur aurifère camerounais.

Dans la région de l’Est, principal bassin aurifère du Cameroun, le gouvernement accélère la mise en œuvre de sa stratégie d’assainissement du secteur minier. Conduite par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, une mission de terrain s’est déroulée du 26 au 29 avril 2026 dans plusieurs localités minières de la région, avec pour objectif de lutter contre l’exploitation illégale, de renforcer sa rentabilité et de consolider le dialogue avec les acteurs locaux.

Sur le terrain, la mission a mené une vaste opération de contrôle dans plusieurs sites d’exploitation. À Betaré-Oya comme à Zembe Borongo, dans le Lom-et-Djerem par exemple, les équipes ont procédé à la saisie d’engins utilisés illégalement, au démantèlement d’unités de production ainsi qu’à la destruction d’installations électriques mises en place de manière irrégulière. Les sites de Climat Doubaï, Bozen Mining, Shen-Xin et Galaxy Mining par exemple ont été épinglés par cette opération qualifiée de « mission coup de poing » contre les orpailleurs illégaux. Tous les opérateurs présents ont reçu l’instruction formelle de libérer immédiatement les sites exploités sans autorisation conforme.

Face aux exploitants, le ministre a tenu un discours de fermeté. « On ne peut pas engager l’exploitation minière artisanale semi-mécanisée dans un permis de recherche », a rappelé Fuh Calistus Gentry, insistant sur la nécessité de respecter strictement le cadre légal en vigueur.

Au-delà des mesures coercitives, les autorités entendent surtout restructurer durablement le secteur. À cet effet, un espace de plus de 3 000 km² dédié à l’exploitation semi-mécanisée de l’or a été aménagé et mis à la disposition des opérateurs souhaitant exercer dans la légalité.

Le gouvernement impose désormais plusieurs obligations strictes aux exploitants. Parmi celles-ci figurent le respect des normes environnementales avec le paiement d’une caution de 63 millions de FCFA pour 21 hectares exploités, l’obtention d’une certification de conformité environnementale ainsi que le respect des obligations fiscales, notamment l’impôt synthétique minier libératoire, la taxe d’exportation et la contribution au fonds de mise en œuvre de la politique minière.

Autre innovation majeure : l’obligation pour les opérateurs de migrer, dans un délai de six mois, vers un système d’exploitation à vase clos. Cette technologie vise à limiter les impacts environnementaux et à améliorer la traçabilité de la production aurifère.

Parallèlement aux opérations de contrôle, le ministre a multiplié les concertations avec les autorités administratives, les élus locaux, les populations riveraines et les opérateurs miniers. Ces échanges ont permis aux communautés d’exprimer librement leurs préoccupations, mais également au gouvernement d’expliquer le sens des réformes engagées.

Cette visite de travail de Fuh Calistus Gentry, s’inscrit dans le cadre des hautes orientations du chef de l’État, Paul Biya, visant à assainir le secteur minier national et à garantir une meilleure maîtrise des ressources stratégiques du pays.

 

 

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