Santé : 30 milliards de FCFA pour produire localement les médicaments

La pose de la première pierre d’une usine de fabrication de médicaments essentiels, un projet majeur porté par le Groupe Yicheng s’est tenue ce 3 octobre à Yaoundé sous le présidium du premier ministre, Joseph Dion Ngute.

C’est dans une atmosphère empreinte d’espoir et de détermination que s’est tenue, ce 30 octobre à Meyo dans l’arrondissement de Yaoundé IV, la cérémonie de pose de la première pierre d’une future usine de fabrication de médicaments et de dispositifs médicaux essentiels. Un acte hautement symbolique qui marque le début concret d’un projet industriel stratégique porté par le Groupe Yicheng, en partenariat avec le gouvernement camerounais.

Avec pour objectif de réduire la dépendance aux importations de médicaments du pays qui représentent actuellement plus de 90 % de la consommation nationale, le chantier qui s’étendra sur 15 mois est estimée à 30 milliards de francs CFA d’investissement sur fonds propres pour la phase pilote.  L’usine entend en outre révolutionner l’accès aux soins, renforcer les capacités industrielles du pays, tout en stimulant l’emploi et l’innovation. «Il s’agit de doter le pays d’un véritable savoir-faire pharmaceutique, en formant des techniciens, pharmaciens, ingénieurs et en favorisant les partenariats avec les universités locales », a déclaré le porteur du projet, Idriss Confiance Mbe.

Dès sa mise en service prévue en janvier 2027, l’usine sera capable de produire annuellement jusqu’à 100 millions de flacons, 2 milliards d’ampoules, 10 milliards de comprimés, couvrant 100 références pharmaceutiques sous six formes galéniques. Les produits ciblés comprennent des médicaments génériques à usage courant, antipaludiques, antibiotiques, antalgiques, anti-inflammatoires, ainsi que des produits hospitaliers (injectables, solutés) et des traitements prioritaires contre le VIH/SIDA, la tuberculose, le diabète et l’hypertension.

Le projet vise également à structurer un véritable écosystème pharmaceutique local, en stimulant la recherche, l’innovation et la formation continue. Mais aussi, outre son impact sur la santé publique, l’usine de Meyo aura des retombées économiques majeures. Elle prévoit la création de plus de 1 000 emplois directs (pharmaciens, techniciens, ingénieurs, personnels administratifs) et environ 3 000 emplois indirects dans les secteurs du transport, de la distribution, de la maintenance et des services associés. Une aubaine pour l’insertion des jeunes diplômés camerounais, souvent confrontés au chômage malgré leur qualification.

Par ailleurs, ce projet s’accompagne d’un volet de transfert de technologies et de savoir-faire, indispensable pour bâtir à long terme une industrie pharmaceutique nationale compétitive et résiliente.

La pose de la première pierre de cette usine s’inscrit dans un contexte lourd de leçons. La pandémie de COVID‑19 a révélé l’extrême vulnérabilité des systèmes de santé africains face aux ruptures d’approvisionnement et aux hausses de prix : au Cameroun, plus de 90 % des médicaments consommés proviennent encore de l’étranger. Les autorités, conscientes de ce constat, ont fait de la relocalisation de la production pharmaceutique une priorité stratégique, en lien avec les objectifs de couverture sanitaire universelle et de développement industriel.

Julien Efila

 

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