Route Bekoko-Limbe-Idenau: L’État relance le chantier de 113 milliards avec un Britannique

Emmanuel Nganou Djoumessi a paraphé le 19 juin 2026, un protocole d’entente avec le géant britannique Propav Infrastructure Ltd dont l’objectif est de ressusciter le chantier de modernisation des 107 kilomètres de la Route Nationale N°3 Bekoko-Limbe -Idenau, au point mort depuis la rupture des négociations en 2024 avec le groupement italien Ati Bonisa. 

C’est un ouf de soulagement pour les opérateurs économiques et les populations de la région du Sud-Ouest. Le corridor routier Bekoko-Limbe-Idenau, véritable serpent de mer des infrastructures camerounaises, est en passe de sortir de l’ornière. Le gouvernement camerounais représenté par son ministre des Travaux Publics (Mintp) Emmanuel Nganou Djoumessi, a scellé une alliance stratégique en signant le 19 juin 2026, un protocole d’entente (MoU) avec la firme britannique Propav Infrastructure Ltd. Estimé à 113,1 milliards de Fcfa, ce vaste projet de 107 kilomètres vise à restructurer de fond en comble un axe névralgique de la Route nationale N°3. Ce dénouement survient après le blocage des discussions en 2024 avec le groupement italien Ati Bonisa, qui n’avait pas réussi à matérialiser ses engagements financiers et techniques. En se tournant vers l’expertise britannique, Yaoundé espère tourner définitivement la page des chantiers interminables.

Pour comprendre l’importance de cette signature, il faut remonter deux ans en arrière car en 2024 déjà, le Cameroun pensait avoir trouvé le partenaire idéal avec Ati Bonisa pour moderniser l’axe lourd Bekoko-Limbe-Idenau. Malheureusement, le projet s’est rapidement embourbé dans des lenteurs administratives et des désaccords financiers, contraignant l’État) acter le divorce. Pendant ce temps, la chaussée existante soumise à un trafic intense de camions lourds continuait de se dégrader, pénalisant par la suite l’économie locale. De ce fait, l’arrivée de Propav Infrastructure Ltd change la donne. Fort d’une solide réputation internationale et bénéficiant du soutien de la diplomatie financière britannique, l’entreprise ne vient pas seulement avec des engins de génie civil, mais également avec une ingénierie financière solide. Le protocole d’entente signé donne désormais un cadre formel pour finaliser l’offre technique et financière globale.

Un modèle de financement calqué sur l’urgence

Face aux contraintes budgétaires actuelles de l’État, le Mintp mise une nouvelle fois sur le modèle Engineering Procurement Construction and Financing (Epc+F). Dans cette configuration, Propav Infrastructure Ltd aura la charge de concevoir, de s’approvisionner, de construire, mais surtout de mobiliser les financements nécessaires auprès des bailleurs de fonds internationaux, adossés à des garanties souveraines ou à des crédits à l’exportation tels que l’United Kingdom Export Finance. Sur le plan technique, le projet prévoit le renforcement de la couche de roulement pour supporter le trafic lourd, l’élargissement de la chaussée par endroit, la construction d’ouvrages d’art à l’instar des ponts et dalots modernes, ainsi que l’aménagement d’espaces de sécurité pour les piétons et les zones urbaines traversées.

Si la signature du protocole d’entente est une victoire d’étape saluée par le patronat camerounais, les prochains mois seront consacrés aux négociations contractuelles serrées pour transformer ce protocole en un contrat commercial ferme suivi de la levée des fonds. Il ne reste plus qu’au calendrier à être respecter afin d’éviter que la bureaucratie n’agrippe les rouages pour espérer un démarrage effectif des travaux d’ici le début de l’année 2027. Pour les transporteurs et les populations, de Bekoko, de Limbe et d’Idenau, l’attente sera encore longue, mais la lueur d’espoir venue de Londres permet enfin d’envisager le bout du tunnel.

Par Arnaud Joseph Etoundi

 

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