Restructuration: La Sonara audite ses effectifs et profils de postes

L’entreprise publique a lancé, le 19 août, un marché d’un montant de 80 millions de FCFA, selon l’appel d’offres signé par le directeur général, Bako Harouna.

En pleine mise en œuvre de son plan de relance, la Société nationale de raffinage (Sonara) engage un audit de ses ressources humaines et de la gestion des carrières. L’entreprise publique a lancé un marché d’un montant de 80 millions de FCFA, selon l’appel d’offres signé par le directeur général, Bako Harouna.

Objectif affiché : permettre au management d’obtenir « une adéquation efficace et maintenue dans le temps entre ses ressources (salariés) et ses emplois, en termes d’effectifs, de qualifications et de profils ».

Concrètement, le prestataire retenu devra dresser un état des lieux des effectifs et de la qualité des profils de poste, mais aussi apprécier l’adéquation entre profils et emplois. L’audit inclura également une évaluation du système de suivi et de contrôle des ressources humaines, afin de juger de son adaptation aux missions et charges de la Sonara.

Le diagnostic attendu portera aussi sur la gestion des carrières : analyse des avancements de grade, identification des manquements et formulation de recommandations visant à améliorer l’efficience de l’action managériale. L’audit devra enfin mettre en lumière les domaines nécessitant la mise en place de nouvelles politiques et procédures en matière de ressources humaines.

Cette initiative du directeur général intervient quelques jours après l’approbation par le conseil d’administration d’un ambitieux plan de relance baptisé Plan d’Accélération des mesures de restructuration et de réhabilitation pour la reprise du raffinage sous 24 mois (Parras 24). Ce programme vise à redonner à l’unique raffinerie du pays ses capacités d’avant l’incendie de mai 2019, qui avait ravagé une partie des installations.

Sur le plan financier, le Parras 24 prévoit la recapitalisation des fonds propres et la mise en place de partenariats pour financer la réhabilitation et la reprise rapide de la production. La Sonara n’a pas encore précisé si cette recapitalisation se fera par rachat de dette ou par injection de nouveaux fonds. En juin dernier, une délégation conjointe d’UBAF, ING et Mauritius Commercial Bank avait proposé un financement potentiel pour soutenir le projet.

Sur le plan technique, il s’agira de réhabiliter les installations selon leur configuration avant le sinistre de mai 2019, qui avait gravement endommagé une partie de la raffinerie. Parallèlement, sur le plan organisationnel, la Sonara entend mettre en œuvre un plan de gestion des effectifs visant à renforcer les compétences de ses ressources humaines et à préparer l’entreprise à sa reprise d’activité.

La Sonara reste confrontée à un endettement important. Elle doit actuellement 261 milliards de FCFA aux banques, une dette rééchelonnée sur 10 ans depuis 2021 avec un taux d’intérêt de 5,5 %. Elle est également redevable auprès des traders pétroliers, avec 185 milliards de FCFA à Vitol, 8,5 milliards à PSTV, 14 milliards à Trafigura et 20 milliards à Mercuria Energy. Le remboursement de ces créances est assuré depuis 2022 grâce à un mécanisme d’État prélevant 47,8 FCFA sur chaque litre de carburant vendu à la pompe.

Plan de relance

En attendant la fin du Parras 24, la Sonara tient à rassurer ses partenaires et clients sur la continuité de l’approvisionnement. « L’approvisionnement en produits raffinés sur le marché national et international se poursuivra en quantité et en qualité jusqu’au redémarrage complet de la raffinerie », souligne la société.

Ce plan ambitieux, qui combine financement stratégique, réhabilitation technique et montée en compétences du personnel, marque un tournant décisif pour le secteur pétrolier camerounais et la stabilité du marché national.

A noter que le plan d’accélération de la réhabilitation de la Sonara intervient six ans après l’incendie qui l’a rendue inopérationnelle, mais surtout alors que le projet d’une raffinerie est en train de voir le jour dans la zone industrialo portuaire de Kribi. En effet, la Société nationale des hydrocarbures (SNH), le géant public du secteur et actionnaire de la Sonara, vient de lancer un projet de construction d’une raffinerie d’une capacité de 30 000 barils par jour. Le projet estimé à 115 milliards Fcfa, est destiné à redonner au Cameroun des capacités de raffinage.

Toutefois, la SNH dit ne pas vouloir entrer en concurrence, et « réaffirme son respect et sa reconnaissance pour la Sonara, fleuron historique de l’industrie pétrolière nationale, et exprime son entière disponibilité à apporter son expertise technique, industrielle et financière dans tout projet de reconstruction et de modernisation de la Sonara, dès que celui-ci sera officiellement engagé par les autorités compétentes.

Depuis six ans, la Sonara n’est plus opérationnelle, ce qui a contribué à alourdir sa dette auprès des traders, des banques et du fisc. Dans ce contexte, l’audit des effectifs apparaît comme une étape décisive pour savoir si la raffinerie dispose des compétences nécessaires à sa renaissance industrielle.

Source : IC

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