Ressources minérales: Le CADM évalue les initiatives de gouvernance dans le secteur

Commanditée par le Centre Africain de Développement Minier (CADM), l’évaluation qui a fait l’objet d’une restitution le 04 juillet 2025 à Yaoundé à la clôture du séminaire dédié, visait l’alignement des actions du gouvernement dans le secteur avec les principes de la Vision Minière Africaine (VMA), en mettant un accent particulier sur la gestion durable des ressources minérales.

Evaluer la gestion durable des ressources minérales au Cameroun et son alignement avec la Vision minière africaine (VMA). L’objectif était au centre d’une des échanges entre les experts réunis à Yaoundé du 02 au 04 juillet 2025, à l’initiative du Centre Africain de Développement Minier (CADM). De manière concrète, l’évaluation visait à examiner les initiatives de gouvernance dans le secteur minier camerounais, avec un accent particulier sur la gestion durable des ressources minérales. Pour ce faire, le niveau de progression du Cameroun a été évalué à l’aide d’un questionnaire de 440 points couvrant 40 domaines thématiques (juridique, fiscal, institutionnel, social et environnemental).

Une vue d’ensemble du secteur minier camerounais permet d’avoir un certain nombre d’indications relativement à son contribution à l’économie nationale. Ainsi, la contribution du secteur au PIB est d’environ 0,63%, avec une contribution au budget national marginale et presque nul : <0,2%. La part des recettes d’exportation étant elle de 5% en moyenne, pour 25% de taux de redevance minière sur l’or. Quant au nombre de permis miniers industriels, il se situe autour de 122, tandis qu’on évalue à plus de 1 000 le nombre de permis pour l’Exploitation Minière Artisanale et à petite échelle (EMAPE). Ainsi, on estime jusqu’à 95% la part estimée de l’EMAPE dans la production aurifère.

Traçabilité inexistante

A la lumière de ces indicateurs, le constat des experts est que malgré un potentiel géologique important en bauxite, fer, cobalt, nickel, rutile, terres rares et or, le secteur reste largement sous-exploité et dominé par une activité informelle artisanale.

Plusieurs défis majeurs sont à relever de l’avis des experts : des cadres juridiques obsolètes ou peu appliqués, notamment sur le genre et les droits communautaires ; une faible transparence dans l’octroi des titres et des contrats, inefficacité dans la collecte des recettes et coordination institutionnelle limitée ; une informalité élevée et une traçabilité inexistante dans l’EMAPE ; manque d’infrastructures et des capacités locales de transformation.

Le constat du Centre africain de développement minier (CADM) est sans ambages : le Cameroun se trouve à un tournant stratégique. En dépit d’un potentiel minier considérable et de réformes juridiques récentes, le secteur reste à un stade embryonnaire. Un alignement complet avec la Vision minière africaine nécessite des réformes audacieuses pour renforcer la transparence, améliorer la gestion des revenus, assurer la protection environnementale et promouvoir la valorisation locale. Avec une volonté politique soutenue et un renforcement des capacités institutionnelles, le pays peut transformer son secteur minier en moteur de croissance inclusive, de transformation structurelle et d’intégration régionale.

Evariste Menounga   

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