Remboursement: 127 milliards FCFA déboursés en mars par l’État

L’analyse de la structure de la dette à fin mars 2026, publiée par la Caisse Autonome d’Amortissement, mentionne que cette dépense est portée en grande partie par les engagements extérieurs du pays.

Le Cameroun a déjà dépensé 445,3 milliards de FCFA pour rembourser sa dette au cours des trois premiers mois de 2026. Derrière ce chiffre dévoilé dans la dernière note de conjoncture de la dette publique, le 15 mai dernier, une réalité se dessine : le poids des remboursements continue de peser fortement sur les finances publiques. À lui seul, le mois de mars a englouti 127,2 milliards de FCFA dans le paiement de la dette de l’administration centrale. La plus grande part, soit 112,2 milliards, a servi à rembourser le capital emprunté, tandis que 15 milliards de FCFA ont été consacrés aux intérêts.

Mais c’est surtout la dette extérieure qui absorbe l’essentiel des ressources. Sur les 445,3 milliards de FCFA décaissés entre janvier et mars, plus de 60% ont été orientés vers les créanciers étrangers. En mars uniquement, l’État a versé 42,8 milliards de FCFA pour honorer ses engagements extérieurs. Dans le détail, les institutions financières internationales restent les principaux bénéficiaires de ces paiements. Elles captent plus de la moitié des montants versés, devant les partenaires bilatéraux et les créanciers commerciaux.

Le gouvernement tente toutefois de rassurer sur sa capacité à tenir le rythme. « Le reliquat a été réglé en avril 2026, durant la période de grâce prévue par les conventions de financement signées », précise le document officiel. Autrement dit, certains paiements ont été effectués avec un léger décalage, sans pour autant sortir du cadre fixé avec les bailleurs. Pendant ce temps, la dette intérieure continue elle aussi de mobiliser d’importantes ressources. Le Trésor public a payé 176,4 milliards de FCFA au premier trimestre pour couvrir les engagements contractés sur le marché local. Là encore, la quasi-totalité des montants a servi au remboursement du principal.

Cette situation, analyse un économiste, montre à quel point l’État doit constamment trouver des ressources pour honorer ses échéances, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays. « Et même si les autorités mettent en avant une gestion « maîtrisée » de la dette, la pression sur la trésorerie reste visible ». D’après l’expert, un signal apparaît néanmoins plus encourageant : les « Restes à payer », c’est-à-dire certaines factures en attente de règlement depuis plus de trois mois, ont reculé de 38,3% sur un an. « Une baisse qui traduit une volonté de réduire progressivement les arriérés accumulés ». « Reste que le défi demeure entier pour les prochains mois : continuer à rembourser sans freiner les dépenses essentielles de l’État, dans un contexte où les besoins de financement restent importants », craint-il.

 

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