Remaniement: L’annonce réitérée de Paul Biya ravive l’attente

À l’occasion de son discours à la jeunesse, ce 10 février, le président de la République a de nouveau annoncé la formation « très attendue » du prochain gouvernement, promesse déjà formulée le 31 décembre dernier.

Et si cette fois était la bonne ? À l’occasion de la 60ᵉ édition de la Fête de la jeunesse, placée sous le thème « Jeunesse au cœur des grandes espérances pour un Cameroun uni, stable et prospère », le président de la République a réitéré, ce 10 février, son annonce relative à la formation du prochain gouvernement qui, « je le sais, est très attendue », a-t-il reconnu.

Pourtant, ce n’est pas la première fois que le chef de l’État évoque ce remaniement. Le 31 décembre dernier, dans son traditionnel message à la nation, il avait déjà annoncé la mise en place imminente d’une nouvelle équipe gouvernementale. Une déclaration alors interprétée comme le prélude à un changement rapide, au lendemain de sa réélection et de sa prestation de serment du 6 novembre.

Dans l’esprit de nombreux Camerounais, la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale relevait presque de l’évidence dans les jours ayant suivi l’investiture. Beaucoup auraient parié sur une constitution rapide du gouvernement, estimant qu’un nouveau mandat appelle naturellement une nouvelle dynamique, incarnée par une équipe renouvelée ou, à tout le moins, réajustée. D’autant plus que Djibril Cavaye Yeguie, président de l’Assemblée nationale, en remettant le stylo, conformément aux usages, au président nouvellement élu pour un huitième mandat, lors de la prestation de serment, avait déjà mis la pression en indiquant qu’il était temps de remplacer un gouvernement qui avait déjà trop duré.

La question qui se pose alors est de savoir pourquoi le chef de l’État prend autant de temps pour former un gouvernement, alors que le contexte, marqué par de fortes attentes des populations, ne lui est guère favorable. Comment comprendre qu’un gouvernement jugé incapable de répondre aux aspirations les plus élémentaires des populations, et qui a été sanctionné à travers le score du candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) lors de la dernière présidentielle, score qui n’avait plus été aussi bas depuis 1992, soit toujours en place, au grand mécontentement d’une partie de l’opinion ?

Certains y voient le signe de consultations approfondies en vue de constituer un gouvernement solide et cohérent. D’autres, plus critiques, évoquent des luttes de clans qui se neutralisent au détriment de l’intérêt du peuple, lequel aspire à voir émerger de nouvelles personnalités capables de répondre à ses préoccupations. Car au-delà des jeux d’appareil, les attentes sont concrètes.

Sur le plan économique, les défis sont nombreux : coût de la vie, emploi des jeunes, soutien aux petites et moyennes entreprises. Sur le plan social, les préoccupations liées à l’éducation, à la santé et à la cohésion nationale restent vives. Pour une partie de l’opinion, la nomination d’un nouveau gouvernement doit donc constituer le point de départ d’un second souffle, en phase avec les promesses de campagne du président Paul Biya.

En attendant « 17 heures » au poste national de la CRTV, le pays demeure suspendu à la publication du décret présidentiel portant remaniement ou réaménagement du gouvernement.

Par Julien Efila

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