Réhabilitation de la SONARA: L’État en quête des partenaires privés
Les consultations internationales y relatives ont été lancées le 29 juin à Yaoundé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, en présence, entre autres, des compagnies pétrolières internationales et des grands acteurs du raffinage.
C’est le premier acte concret d’un chantier au coût prévisionnel de 700 milliards de FCFA. Réunis à Yaoundé, investisseurs, institutions financières internationales, groupes pétroliers, banques, entreprises d’ingénierie et cabinets spécialisés ont répondu à l’invitation du gouvernement pour participer au Market Sounding du projet de réhabilitation et de modernisation de la Société nationale de raffinage (SONARA).
Lançant officiellement le processus de la recherche de partenaires capables d’accompagner la reconstruction de l’usine de Limbe, la cérémonie a été présidée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Au-delà d’une simple réunion technique, cette consultation internationale constitue une étape essentielle dans la préparation du futur partenariat public-privé (PPP) qui permettra de financer et de réaliser ce vaste projet. L’objectif est de confronter les hypothèses de structuration du projet aux attentes du marché, recueillir les observations des investisseurs et renforcer son attractivité avant le lancement de la procédure officielle de sélection du partenaire privé.
Le projet prévoit notamment la réhabilitation des unités détruites, l’achèvement des installations engagées avant le sinistre ainsi que la modernisation complète de la raffinerie grâce à l’installation d’un hydrocraqueur, d’une unité d’isomérisation et d’une unité de désulfuration des gazoles. À terme, la capacité de traitement devrait atteindre 3,5 millions de tonnes par an.
Le gouvernement a opté pour un contrat de type Design-Build-Finance-Maintain (DBFM). Ce modèle confiera au partenaire privé la conception, la construction, le financement ainsi que l’assistance technique à la maintenance des nouvelles installations. La SONARA, en revanche, conservera la propriété des infrastructures et demeurera responsable de l’exploitation quotidienne de la raffinerie.
Pour les autorités, ce choix répond à plusieurs impératifs. Il permettra de mobiliser des expertises internationales de haut niveau, d’intégrer les technologies les plus performantes disponibles sur le marché, d’optimiser la répartition des risques liés au projet tout en limitant l’impact sur les finances publiques.
Dans son allocution, le ministre des Finances a rappelé que la renaissance de la SONARA bénéficie du plus haut soutien de l’État. À la suite du sinistre du 31 mai 2019, qui avait provoqué l’arrêt des activités de raffinage à Limbé, plusieurs études ont été conduites afin de définir un modèle durable de reconstruction. Les propositions retenues ont été validées par le président de la République.
Depuis lors, l’État affirme avoir multiplié les mesures destinées à préserver la viabilité financière de l’entreprise. Parmi elles figurent la restructuration de la dette vis-à-vis des traders internationaux et des banques locales, la reconstitution progressive des fonds propres ainsi que la signature, en mai dernier, d’une convention-cadre de restructuration associant les ministères des Finances, de l’Eau et de l’Énergie, de l’Économie et la SONARA.
L’enjeu dépasse largement la seule reconstruction d’une raffinerie. En relançant la SONARA, le Cameroun ambitionne de retrouver une capacité nationale de raffinage, de réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés et de renforcer sa souveraineté énergétique.
Par Julien Efila

