Régulation des télécoms: L’Afrique centrale peaufine sa stratégie à Yaoundé

La 3ᵉ session extraordinaire de l’ARTAC s’est ouverte ce 19 août. Entre renforcement de la gouvernance, validation d’orientations stratégiques et transfert symbolique de l’observatoire des TIC, la capitale camerounaise accueille pendant deux jours un sommet décisif pour l’avenir du secteur dans la sous-région.

C’est dans une ambiance studieuse mais chargée de promesses que s’est ouverte à Yaoundé, ce 19 août 2025, la 3ᵉ session extraordinaire de la Conférence de l’Assemblée des régulateurs de l’Afrique centrale (ARTAC). L’événement, accueilli dans les locaux de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), réunit les principaux responsables des organes en charge de la régulation des télécoms de la sous-région, tous engagés dans une réflexion collective sur la gouvernance et l’avenir de ce secteur économique stratégique.

Les objectifs de cette session sont aussi précis que décisifs. Le premier enjeu affiché est le renforcement de la gouvernance institutionnelle de l’ARTAC. En cette ère de mutations technologiques rapides, il est vital pour les autorités nationales de régulation de disposer d’une structure régionale cohérente, agile et dotée d’une vision commune.

Autre moment fort : la signature officielle de la convention de cession de l’Observatoire des TIC à l’ARTAC. Ce transfert symbolique et stratégique permettra à l’organisation de disposer d’un outil de veille régional et d’analyse des données numériques, condition essentielle à la formulation de politiques publiques fondées sur des indicateurs fiables.

La session est également l’occasion de présenter et valider le plan stratégique triennal de l’ARTAC, ainsi que le budget 2025-2026. Deux instruments clés pour encadrer les ambitions et les ressources de l’organisation dans les années à venir. Cette étape traduit la volonté d’inscrire l’action de l’ARTAC dans une logique de résultats et de transparence budgétaire.

Les travaux porteront en parallèle sur la structuration de groupes de travail thématiques, destinés à approfondir des problématiques ciblées telles que la cybersécurité, la protection des données personnelles, ou encore l’évolution des modèles économiques des télécommunications dans la région.

Enfin, deux projets emblématiques feront l’objet d’un point d’étape détaillé : le Free Roaming sous-régional, qui vise à supprimer les surcoûts d’itinérance mobile entre les pays membres, et la coordination des fréquences aux frontières, enjeu technique crucial pour la qualité de service et la maîtrise des interférences.

Au-delà des discussions techniques et des signatures symboliques, cette session extraordinaire donne à voir une Afrique centrale qui refuse de rester en marge de la révolution numérique. L’ARTAC, en se dotant d’une gouvernance consolidée et d’outils modernes de pilotage, entend jouer un rôle moteur dans la transformation digitale de la région.

La cérémonie d’ouverture officielle, prévue ce mardi 20 août, réunira, outre les responsables des organes de régulation de la sous-région, d’autres hautes personnalités, parmi lesquelles Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, Christian Katende, président exécutif de l’ARTAC, ainsi que le représentant de l’Union internationale des Télécommunications (UIT).

Par Julien Efila

 

 

About Post Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Solve : *
12 − 6 =


Enregistrez vous à notre newsletter