Régionales 2025: Paul Biya convoque le collège électoral pour le 30 novembre

Le décret signé ce 1ᵉʳ septembre 2025 par le chef de l’État, invite les conseillers municipaux et les chefs traditionnels à se rendre aux urnes pour renouveler les conseils régionaux.

Par un décret signé ce 1ᵉʳ septembre 2025, le président de la République, Paul Biya, a convoqué le corps électoral en vue de l’élection des conseillers régionaux, prévue pour le 30 novembre prochain. Ce scrutin, le deuxième du genre après celui de 2020, permettra de désigner 900 sur les mille conseillers régionaux répartis dans les dix régions du Cameroun.

Les électeurs concernés par ce vote ne sont pas les citoyens ordinaires. Comme en 2020, seuls les conseillers municipaux et les chefs traditionnels composeront le collège électoral. Ils voteront dans les chefs-lieux de leurs départements respectifs pour élire, par région, 90 conseillers régionaux, soit 70 représentants des partis politiques et 20 du commandement traditionnel.

Selon l’article 245 du Code électoral, les conseils régionaux sont renouvelés tous les cinq ans. L’élection doit avoir lieu au plus tard 20 jours avant l’expiration du mandat des conseillers en fonction, ce qui justifie la date retenue.

Côté conditions d’éligibilité, la législation reste rigoureuse. Il faut être citoyen camerounais, jouir du droit de vote, avoir au moins 23 ans le jour du scrutin, savoir lire et écrire le français ou l’anglais, et justifier d’une résidence effective d’au moins six mois dans la commune concernée. Toutefois, les personnes non résidentes peuvent se présenter si elles prouvent qu’elles disposent d’un domicile réel dans la localité.

Une restriction supplémentaire s’applique aux citoyens naturalisés : ils doivent attendre dix ans à partir de la date d’acquisition de la nationalité pour pouvoir se porter candidats. Les dispositions des articles 17 à 23 de la loi de 1991 sur les élections législatives s’appliquent également, à l’exception de l’âge pour les représentants du commandement traditionnel. Certaines professions sont également exclues : membres des forces de défense et de sécurité, agents de l’administration régionale, ou encore fonctionnaires exerçant dans des services sensibles. Les conseillers municipaux en poste sont inéligibles pendant six mois après la fin de leur mandat.

Décret déjà contesté

Intervenant dans un climat politique, marqué par l’approche de la présidentielle du 12 octobre 2025, cette convocation du collège électoral, suscite déjà des remous au sein de l’opposition et chez certains analystes politiques. Pour Armand Noutack II, « il faut quand même avoir la lucidité de dire que convoquer le corps électoral pour les élections régionales le 30 novembre 2025, alors qu’on a renvoyé les élections législatives et municipales à 2026 et que le mandat des conseillers municipaux appelés à élire les conseillers régionaux s’est achevé normalement depuis février 2025, est peut-être légal, mais ce n’est pas fair-play». C’est une lâcheté politique qui élimine d’office tous ceux qui n’ont pas pris part aux législatives et municipales de 2020, ainsi que tous les autres partis créés après février 2020», va-t-il ajouter. Avant de conclure que la logique aurait voulu qu’on organise les élections régionales au lendemain des municipales de 2026 pour donner plus de légitimité aux conseils régionaux, conclut-il.

Pour sa part, l’UDC dénonce ce qu’elle appelle être une violation de la Charte africaine des valeurs des principes de la décentralisation, de la gouvernance et du développement local.

Par Julien Efila

 

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