Réforme: Le Cncc se transforme en société à capital public

Ceci est rendu possible grâce au décret présidentiel du 16 juillet 2025, actant une refonte majeure du Conseil national des chargeurs du Cameroun.

Le 16 juillet 2025, a signé la fin d’une époque pour le Conseil national des chargeurs du Cameroun (Cncc). Créé il y a près d’un demi-siècle, l’établissement public devient désormais une société à capital public, détenue intégralement par l’État. Ce changement de statut marque une profonde mutation : celle d’un organe administratif transformé en opérateur logistique national.

Doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, le nouveau Cncc conserve son siège à Douala, tout en pouvant étendre ses représentations à l’échelle nationale et internationale. Plus qu’un simple changement de forme, ce décret présidentiel redéfinit le rôle du Cncc dans le paysage économique du pays. Il s’agit d’une montée en puissance stratégique, conçue pour fluidifier les échanges, raccourcir les délais logistiques et alléger les coûts du commerce extérieur.

Selon le décret du président de la République, les nouvelles attributions du Cncc s’articulent autour de quatre piliers : assistance aux chargeurs, développement d’infrastructures logistiques, formation et coopération technique, et gestion des données du commerce extérieur. L’objectif étant de mieux accompagner les importateurs, exportateurs et transporteurs à chaque étape du processus. En matière d’infrastructures, détaille le document signé du Chef de l’Etat, le Cncc pourra désormais développer et exploiter des ports secs, des espaces de stockage, ou encore des aires de repos pour camions. « Sur le terrain des données, il conserve la délivrance exclusive du Bordereau électronique de suivi des cargaisons (Besc) et participe activement à la traçabilité des flux ».

Un statut d’entreprise, mais un rôle régalien

Ainsi, sous la double tutelle des ministères des Transports (technique) et des Finances (financière), le Cncc sera désormais géré comme une entreprise publique, avec une Assemblée générale, un Conseil d’administration et une Direction générale. Ce nouveau mode de gouvernance, apprend-on, vise une meilleure efficacité, tout en assurant un alignement sur les politiques publiques nationales. En outre, le financement du Cncc s’appuiera sur des ressources propres, produits de services, délivrance de documents de transport, cotisations et des partenariats. « Ces ressources, bien que publiques, permettent une gestion plus souple et réactive. L’entreprise pourra aussi recourir à des emprunts ou bénéficier de dons et de contributions extérieures », renseigne la note présidentielle.

Bien plus, la réforme introduit une logique hybride. Si le Cncc adopte un régime comptable inspiré du droit Ohada, il conserve certaines fonctions d’intérêt général, comme la médiation entre acteurs de la chaîne logistique, ou la participation aux négociations internationales sur le transport. Il reste également soumis à des contrôles étatiques et à des obligations de transparence. « Le Conseil national des chargeurs du Cameroun ne sera pas assujetti au Code des Marchés Publics, mais devra respecter les principes de concurrence, de transparence et de juste prix. Une commission interne des marchés, définie par le Conseil d’administration, en assurera le suivi », rassure le décret.

D’après la décision du PR, le personnel, les biens et le patrimoine de l’ancien établissement public sont transférés à la nouvelle société sans interruption d’activité. « Le Cncc continue donc d’exercer ses missions en attendant la mise en place complète des nouvelles structures prévues par décret ». En se dotant donc d’un statut entrepreneurial, le Cncc ambitionne de passer d’un rôle de facilitateur à celui d’architecte de la chaîne logistique camerounaise. Un changement de cap qui pourrait bien redéfinir les contours du commerce extérieur national dans les années à venir.

 

About Post Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Solve : *
20 + 17 =


Enregistrez vous à notre newsletter