Réforme des finances publiques: Les innovations du CIEP rénové

Au cours du café thématique sur la réforme des finances publiques tenu le 5 août 2025 à Mbankomo, les innovations du nouveau Comité interministériel d’évaluation des programmes (CIEP) ont occupé une place de choix, révélant une transformation stratégique au service d’une gouvernance publique plus efficace.

C’est la salle de conférence de l’hôtel United de Mbankomo, dans la Mefou-et-Akono, qui a accueilli ce mardi 5 août 2025 une rencontre d’importance pour les finances publiques au Cameroun. Organisé par le MINFI, ce café thématique visait à favoriser l’accès du public à l’information budgétaire tout en dressant le bilan de la dernière session du Comité interministériel d’Examen des Programmes (CIEP), tenue du 26 mai au 9 juin derniers.

Parmi les temps forts de cette séance de travail mêlant experts du ministère et journalistes spécialisés en économie, l’intervention de Sophie Boumsong, chef de division de la Réforme budgétaire au MINFI sur les innovations du CIEP rénové a particulièrement retenu l’attention.

Au cœur de cette réforme, un mot d’ordre : performance. Le nouveau format du CIEP se veut plus souple, plus inclusif et surtout mieux arrimé aux ambitions de la Stratégie nationale de Développement (SND30). Il s’agit désormais d’un véritable mécanisme d’auto-évaluation de la performance des programmes publics, capable d’apporter une lecture claire et crédible de l’impact des politiques menées par l’État. D’un format annuel aux contours rigides, le CIEP est passé à une périodicité triennale, permettant une meilleure observation de l’évolution des indicateurs de performance et une évaluation plus robuste des effets socioéconomiques des programmes.

La nouvelle orientation structurelle est un autre axe majeur de cette réforme. Désormais, le CIEP repose sur une organisation plus représentative et technique. Les secrétaires généraux des ministères, auparavant au centre du processus, ont été remplacés par un collège d’experts issus des administrations spécialisées dans les domaines d’intervention du CIEP. On y retrouve notamment des responsables de la Direction générale du Budget (DGB), de la Direction générale de l’Économie et de la Programmation des Investissements Publics (DGEPIP), du Contrôle supérieur de l’État (CONSUPE), ainsi que des représentants d’organes tels que le MINEPDED, le MINDDEVEL ou encore la société civile.

Le secrétariat technique, quant à lui, a été renforcé pour assurer une coordination plus fluide et une restitution plus fiable des travaux. La production du rapport final, autrefois attendue dans un délai de quatre jours, est désormais étalée sur quatorze jours, offrant le temps nécessaire à une analyse approfondie et rigoureuse. La fonction de rapporteur est désormais assurée conjointement par la DREF au MINFI et la DPPS au MINEPAT, tandis que de nouveaux membres issus de la Chambre des comptes, du CONSUPE, de la SPM et de la DCOB du MINFI viennent étoffer les rangs du secrétariat.

Pour comprendre la portée de cette réforme, il faut revenir à la genèse du CIEP. Créé par décret nᵒ 2011/2414/PM du 17 août 2011, le Comité interministériel d’Examen des Programmes a connu une phase expérimentale entre 2012 et 2017, marquée par six sessions. Cependant, des dysfonctionnements liés à la faible régularité des sessions, à une coordination technique limitée et à des indicateurs peu exploitables ont rapidement émergé. Le Gouvernement, conscient des limites de l’ancien format, a engagé une autoévaluation critique, qui a débouché sur une refonte actée par le décret du 30 juin 2021.

Par Julien Efila

 

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