Rachat de la SG-Cameroun: Le closing acté

Le transfert du certificat de propriété de la filiale camerounaise de l’établissement financier français à l’État s’est tenu ce 12 mai à Yaoundé, officialisant une opération qui ouvre une nouvelle ère pour le paysage bancaire national.

Il aura fallu le temps des négociations, des validations réglementaires et des tractations discrètes pour aboutir, ce 12 mai à Yaoundé, au transfert officiel du certificat de propriété de Société Générale Cameroun à l’État.

Avec cette opération, Société Générale Cameroun tourne irrévocablement une page de son histoire pour devenir « General Bank of Cameroon ». Plus qu’un changement banal d’actionnariat, cette mutation consacre l’entrée de l’État camerounais comme actionnaire ultra-majoritaire, avec 83,68 % du capital de l’établissement bancaire à en croire certaines indiscrétions.

Pour Yaoundé, la reprise d’une banque de cette envergure vise à renforcer les capacités nationales de financement de l’économie, notamment dans les secteurs jugés prioritaires comme les infrastructures, l’agro-industrie, l’énergie ou encore les projets structurants.

Cette opération permet également à l’État de conserver sous contrôle national un acteur historique du financement de l’économie camerounaise. Implantée depuis plusieurs décennies dans le pays, Société Générale Cameroun occupait une place centrale sur les segments du corporate banking, du commerce international et de la clientèle patrimoniale.

Face aux inquiétudes suscitées par ce changement de contrôle, Louis Paul Motaze a tenu à rassurer les acteurs économiques ainsi que les clients de la banque « que toutes les dispositions nécessaires ont été prises afin d’assurer la continuité des services bancaires, la sécurité des dépôts, ainsi que la préservation des engagements de la Banque vis-à-vis de sa clientèle et de ses partenaires ».

Le membre du gouvernement a également précisé qu’une phase transitoire accompagnera cette transformation afin d’éviter toute rupture dans le fonctionnement de l’établissement. « À cet égard, il convient de relever qu’une période transitoire s’ouvrira à l’issue de cette opération, afin d’assurer une transition progressive, efficace et maîtrisée des systèmes d’informations et des dispositifs opérationnels de la Banque », a-t-il expliqué. Et selon le ministre, cette étape permettra notamment de garantir la continuité des opérations bancaires, la maîtrise des aspects techniques liés aux plateformes informatiques ainsi que l’accompagnement des équipes dans la mise en œuvre des nouveaux dispositifs organisationnels et technologiques.

Pour les milieux économiques, cette nationalisation représente à la fois une opportunité et un sujet d’attention. Les grandes entreprises clientes de la banque surveillent particulièrement la continuité des lignes de financement, la stabilité des opérations internationales et le maintien des relations avec les partenaires étrangers. Les PME, quant à elles, espèrent que cette nouvelle configuration permettra un meilleur accès au crédit et une orientation plus marquée des financements vers les besoins de l’économie locale. Du côté des particuliers, les attentes portent surtout sur la stabilité des services, la sécurité des dépôts et la préservation de la qualité de l’offre bancaire.

Cette opération de la Société générale s’inscrit dans un mouvement plus large de retrait progressif de cette banque du continent africain. Mais le dossier camerounais aura toutefois suivi un calendrier particulièrement scruté. Le 5 juillet 2025, l’État du Cameroun et Société Générale avaient signé à Douala l’accord de cession officialisant le principe du rachat, suivi du feu vert de la COBAC, début avril 2026, ouvrant ainsi la voie à la finalisation effective du transfert de ce 12 mai à Yaoundé.

Par Julien Efila

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