Promotion de la finance islamique : le gouvernement passe à la vitesse supérieure

Le ministère des Finances vient de lancer à Yaoundé une campagne nationale pour sortir ce mode de financement de la marginalité et en faire un véritable levier d’inclusion financière et de croissance économique.

Le gouvernement a décidé d’accélérer la promotion de la finance islamique au Cameroun. Le 22 décembre dernier à Yaoundé, le ministère des Finances a officiellement lancé une vaste campagne nationale de vulgarisation de ce mode de financement alternatif, encore peu connu et peu utilisé, malgré un cadre réglementaire communautaire en vigueur depuis 2022 dans la zone CEMAC.

Présidant la cérémonie de lancement de l’atelier placé sous le thème « Finance islamique : réformes, réglementation, défis et perspectives », le secrétaire général du MINFI, Gilbert Didier Edoa, a insisté sur la portée stratégique de cet instrument. Pour le ministère, la finance islamique constitue une réponse crédible aux difficultés structurelles de financement de l’économie, en proposant des mécanismes fondés sur le partage des risques, l’adossement à des actifs réels et l’exclusion de l’intérêt.

La rencontre a réuni les principaux acteurs du secteur financier : Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), Direction générale des impôts, banques, établissements de microfinance, compagnies d’assurance, experts spécialisés et représentants de la communauté musulmane. Les échanges quant à eux étant porté sur les principes de la finance islamique, notamment : l’assurance takaful, les enjeux fiscaux, la conformité réglementaire et les perspectives de développement au Cameroun.

À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. Parmi lesquelles figurent l’accélération de l’élaboration du cadre réglementaire de l’assurance islamique au sein de la CIMA, le renforcement des actions de sensibilisation du grand public, l’amélioration de l’éducation financière( y compris auprès des leaders religieux) et la mise en place d’incitations fiscales adaptées pour attirer les investisseurs.

Malgré ses atouts, la finance islamique reste faiblement développée au Cameroun. À ce jour, seules trois institutions à savoir : la Caisse autonome d’amortissement (CAA), Afriland First Bank et la Commercial Bank of Cameroon (CBC)  ont obtenu l’aval de la COBAC pour ouvrir des guichets islamiques. Dans la microfinance et l’assurance, la présence des produits islamiques demeure marginale.

Pourtant ,« les textes existent, mais l’appropriation reste insuffisante », a regretté Gilbert Didier Edoa, pointant un déficit d’information et de compréhension comme principal frein. Alors que, la finance islamique proscrit la spéculation excessive et oriente les ressources vers des investissements jugés socialement responsables, en cohérence avec les principes de justice et d’équité.

Par Julien Efila

 

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