Projet de loi de finances 2026: Le gouvernement table sur un budget de 8 816,4 milliards

Selon le projet de texte déposé au Parlement, cette projection en hausse de de 1 080,5 milliards en valeur absolue et 14,0% en valeur relative.

Sauf retournement de dernière minute, le Parlement va voter le projet de loi de finances 2026 tel que proposé par le gouvernement. Selon le projet de texte, au titre de l’exercice 2026, le budget de l’Etat s’équilibre en ressources et en emplois à la somme de 8 816,4 milliards FCFA contre 7 335,9 milliards en 2025, soit une augmentation de 1 080,5 milliards en valeur absolue et 14,0% en valeur relative. Le budget général est projeté à 8 683,9 milliards en 2026. Il connaît une hausse de 1 014,9 milliards (+13%) par rapport à 2025 où il se situait à 7 669,0 milliards. S’agissant des Comptes d’Affectation Spéciale, le budget y relatif est projeté à 132,5 milliards, en augmentation de 65,6 milliards (+98,1%) par rapport à 2025 ou il était prévu à 66,9 milliards.

Relativement à la structuration du budget général 2026, il y a lieu de relever que les recettes internes sont évaluées à 5 887,0 milliards, en hausse de 452,2 milliards (8,3%) par rapport à 2025. Elles se répartissent ainsi qu’il suit : recettes pétrolières + gaz (523,7 milliards) ; recettes fiscales et douanières (4 889,5 milliards) ; recettes non fiscales (400,0 milliards) et enfin ; dons (73,8 milliards).

Les dépenses budgétaires hors principal de la dette s’élèvent à 6 210,5 milliards en 2026. Elles connaissent une augmentation de 564,2 milliards (10,0 %) par rapport à 2025. Elles sont ventilées par grandes masses comme suit : a) dépenses de personnel (1 625,4 milliards) ; b) biens et services (1 206,0 milliards) ; c) transferts et subventions (820,3 milliards) ; d) intérêts de la dette (532,5 milliards) ; e) dépenses d’investissement (2 026,3 milliards).

En 2026, le Budget d’Investissement Public (BIP) représente 35,7 % des dépenses primaires contre 35,5% en 2025. Toutefois, par rapport au budget de l’Etat, la part du BIP baisse à 22,8 % contre 24,2 % en 2025. S’agissant des conditions de son équilibre, le budget 2026 présente un solde global déficitaire de 631,0 milliards contre 309,9 milliards en 2025, traduisant ainsi un accroissement du besoin de financement budgétaire de l’ordre de 327,1 milliards. Outre ce déficit, le Gouvernement devra faire face aux autres charges de financement, à savoir : amortissement de la dette intérieure et extérieure évaluée à 1 870,6 milliards ; remboursement des crédits TVA à hauteur de 84,0 milliards ; 3) paiement des arriérés Intérieurs d’un montant de 498,8 milliards et enfin, sorties nettes de trésorerie de l’ordre de 20,0 milliards.

Tenant ainsi compte des charges qui viennent d’être rappelées, le besoin de financement de l’Etat au titre de l’exercice 2026 se chiffre globalement à 3 104,2 milliards de FCFA, contre 2 326,5 milliards en 2025, soit une hausse de 777,5 milliards. En vue de satisfaire ce besoin de financement, le gouvernement devra recourir aux sources de financement ci-après : tirages sur prêts-projets (826,7 milliards) ; émission de titres publics (400,0 milliards) ; financements bancaires (589,7 milliards) ; appuis budgétaires 120,0 milliards) ; financements exceptionnels (167,8 milliards) et enfin ; emprunts extérieurs (1 000 milliards).

Nouveautés fiscales

Outre l’inscription des mesures nouvelles en matières fiscale, douanière et non fiscale, le projet de loi de finances 2026 impulse un certain nombre d’innovations au registre desquelles : a) la suppression des chapitres communs et leur remplacement par deux dotations consacrées aux dépenses accidentelles et imprévisibles logées respectivement au MINFI (fonctionnement) et au MINEPAT (investissement) ; b) le changement du mode de présentation des budgets de certaines institutions de souveraineté, désormais libellé sous forme de dotation ; c) l’application intégrale du décret portant nomenclature budgétaire de l’Etat ; d) l’éclatement du Fonds de reconstruction des Régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en deux Fonds distincts, pour une meilleure efficacité.

Il y a également lieu de signaler qu’en droite ligne des engagements pris par le Chef de l’Etat lors de sa prestation de serment, il est créé un Fonds Spécial pour le soutien de l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi des jeunes qui sera pourvu à hauteur de 50 milliards de FCFA.

En 2026, l’orientation de la politique budgétaire globale du Gouvernement demeure la consolidation de la situation des finances publiques en cohérence avec le pacte de Convergence de la CEMAC tout en garantissant la mise en œuvre efficace des objectifs prioritaires de la SND30. Au plan National, la croissance économique s’améliorerait pour atteindre 4,3% en 2026 contre 3,9 % estimée en 2025. Elle serait essentiellement portée par les bonnes performances du secteur non pétrolier. Le secteur pétrolier, en revanche, connaîtrait une légère contraction de -0,1 % en 2026. S’agissant enfin de l’inflation, elle devrait reculer à 3% en 2026, après 3,2 % en 2025.

Oumarou Mey

 

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