Projet de Budget 2026 : Sous le signe de la résilience, contraintes et difficultés majeures

Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a tenu à souligner avec emphase le contexte empreint d’exigences particulières dans lequel s’inscrit un projet de budget 2026 à la hausse, dans un monde financier de plus en plus dur, avec des restrictions qui hypothèquent certaines ressources auxquelles le pays pouvait avoir droit.

Face à la presse au sortir du Conseil de cabinet du vendredi 14 novembre dernier, le ministre des Finances n’a pas dérogé à son légendaire franc parler pour en appeler à resserrer la ceinture pour faire face aux difficultés majeures et aux contraintes auxquelles doit faire face le gouvernement, dans un contexte financier international défavorable.  « Le Cameroun poursuit dans la résilience, parce que nous avons un projet de budget 2026 qui est à la hausse par rapport au budget initial 2025 corrigé par une ordonnance présidentielle. Nous travaillons sous contraintes, a-t-il indiqué, avec des difficultés majeures qui sont toujours là. Le monde financier est de plus en plus dur. Il ya des restrictions qui font qu’il ya des risques qu’on n’ait pas toutes les ressources auxquelles on pouvait avoir droit ».

Pour ne rien arranger pour le Cameroun, le ministre des Finances rappelle que le pays devra faire sans certains apports financiers extérieurs récemment supprimés. Dans le même temps, s’alarme le Minfi, le gouvernement devra faire face à des exigences particulières. « Comme vous le savez, rappelle-t-il, le ministère de la santé ne va plus bénéficier de certains apports de certains bailleurs de fonds (notamment américains). Il faudrait qu’au niveau du gouvernement, pour ce qui est du budget de l’Etat, que des réponses soient trouvées. Le paludisme, le VIH et la tuberculose devraient continuer à voir leurs traitements budgétisés, c’est-à-dire financés ».

Inflation en recul

Seulement, Louis Paul Motaze ne peint pas tout en noir. L’espoir réside dans cet afflux de recettes d’impôts qui arrive à point nommé : « Fort heureusement, se réjouit le ministre, nous avons également un bon travail des administrations d’assiette qui voient leurs projets de recettes augmenter. Ce qui va permettre à l’Etat, en prenant en compte certaines recettes venant des emprunts, de financer facilement son budget ». Et de se projeter sur de nouveaux impôts déjà en vue dans le cadre du prochain budget : « Il y aura certainement des mesures nouvelles en matières d’impôts et taxes, et le moment venu, nous les expliquerons au parlement ».

Insistant sur le contexte international traversé de nombreuses crises dans lequel s’élabore le projet de budget, le Minfi parle d’une résilience économique consécutives aux contraintes géopolitiques, économiques et sanitaires récentes. Avec au niveau national, une croissance économique qui devrait progresser de 3,9 en 2025 à 4,3 en 2026, sous l’impulsion notamment des industries manufacturières, de la mise en œuvre des projets d’investissement public structurants et de l’exécution du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah). Et parallèlement, l’inflation devrait reculer pour s’établir à 3% en 2026, contre 3,2% en 2025.

Dans cette dynamique, le gouvernement priorisera l’accélération du processus de décentralisation par une responsabilisation accrue des collectivités territoriales décentralisées et une allocation plus équitable des ressources. Il est en outre question de renforcer les capacités de production, de transport et de distribution de l’énergie. Sans oublier un certain nombre d’enjeux et de défis pour une exécution optimale du BIP 2026, parmi lesquels la maitrise du service de la dette, la maturation des projets, l’intégration progressive des financements alternatifs liés au développement durable et la promotion des approches à haute intensité de main d’œuvre (HIMD).

EM

About Post Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Solve : *
18 − 12 =


Enregistrez vous à notre newsletter