Programmes économiques: L’Etat en attente de 82 milliards du FMI
Si le Fonds monétaire international donne son quitus, ce sera au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et le mécanisme élargi de crédit (MEDC) ainsi que de la troisième revue du programme appuyé par la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Cemile Sancak, cheffe de mission pour le Cameroun, s’est rendue à Yaoundé du 30 avril au 8 mai et a tenu des réunions ultérieures pour examiner l’état d’avancement des réformes et des priorités des autorités dans le cadre des huitièmes revues du programme économique quadriennal appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC) et le mécanisme élargi de crédit (MEDC) ainsi que de la troisième revue du programme appuyé par la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
À l’issue des délibérations, Mme Sancak a déclaré que le FMI et les autorités camerounaises sont parvenus à un accord au niveau des services sur les huitièmes revues des programmes au titre de la facilité élargie de crédit et du mécanisme élargi de crédit, ainsi que sur la troisième revue du programme au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité. Cet accord est subordonné à l’approbation du conseil d’administration du FMI. L’achèvement de ces revues permettrait de procéder à des décaissements de 55,2 millions de DTS (75,9 millions de dollars) au titre des accords FEC et MEDC et de 51,7 millions de DTS (71,1 millions de dollars) au titre de l’accord FRD. Soir un total de 14 millions de dollars (82,16 milliards de FCFA).
Pour justifier cet avis favorable, la chef de mission du FMI déclare : « Les autorités ont progressé dans la mise en œuvre d’un vaste programme de réformes structurelles. Dans le cadre du programme appuyé par le FMI, quelque 40 repères structurels auront été mis en œuvre, ce qui correspond aux objectifs fixés dans la stratégie nationale de développement (SND30). À l’avenir, il sera important de poursuivre la restructuration de la SONARA, de maintenir les efforts visant à achever les principaux projets d’infrastructure, et de renforcer le secteur financier en s’attaquant aux faiblesses persistantes et mettant pleinement en œuvre la stratégie nationale d’inclusion financière et la stratégie de développement du secteur financier. »
Bonne tenue
Elle ajoute : « Au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité, le Cameroun a fait des progrès considérables concernant son cadre d’action climatique et amélioré sa préparation aux mesures d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets. Les autorités ont mis en œuvre la plupart des quatre mesures de réforme restantes : l’établissement des lignes directrices en matière de climat pour l’évaluation des projets d’investissement, l’adoption d’un plan national sur le climat, et l’élaboration d’une stratégie nationale pour le financement des risques de catastrophe ».
A en croire Cemile Sancak, les perspectives économiques demeurent favorables, en supposant une discipline budgétaire au cours de la prochaine période électorale et la poursuite de la mise en œuvre des réformes. Néanmoins, précise-te-elle, les risques de dégradation ont augmenté, notamment du fait de l’incertitude accrue qui entoure l’économie mondiale. Les prévisions de croissance pour 2025 ont été légèrement corrigées à la baisse, à 3,8 %, en raison de l’affaiblissement de la demande mondiale et du durcissement des conditions de financement ». Avec la mise en œuvre des mesures correctives, les autorités prévoient de reprendre l’assainissement budgétaire et visent un déficit primaire hors pétrole de 1,4 % en 2025. À moyen terme, la croissance économique devrait atteindre 4,5 % et l’inflation devrait ralentir progressivement pour s’approcher du critère de convergence régionale de 3 %.
Selon le FMI, l’économie camerounaise a enregistré une croissance de 3,5 %, contre 3,2 % en 2023. L’inflation poursuit sa décrue, le taux moyen sur douze mois étant passé de 7,5 % en 2023 à 4,5 % en 2024. « Les résultats budgétaires de 2024 ont été inférieurs aux prévisions avec un déficit primaire hors pétrole de 2,4 % du PIB, dépassant l’objectif de 2 % du PIB. Un dépassement des dépenses courantes a entraîné une accumulation de nouveaux arriérés de paiements et réduit la marge disponible pour des dépenses d’investissement propices à la croissance. Les autorités réviseront le budget 2025 en prenant en considération les résultats de 2024 et annonceront des mesures de soutien pour remédier à la source du dérapage budgétaire et assurer une réduction nette des arriérés de paiements en 2025.
Les accords au titre de la FEC et du MEDC ont été approuvés par le conseil d’administration du FMI pour un montant total de 483 millions de DTS (soit 689,5 millions de dollars) en juillet 2021. Une prolongation de 12 mois de ces accords a été approuvée en décembre 2023, afin de donner plus de temps aux autorités pour mettre en œuvre les mesures et les réformes, et l’accès aux ressources a été augmenté de 110,4 millions de DTS (147,6 millions de dollars). L’accord de 18 mois au titre de la FRD a été approuvé par le conseil d’administration en janvier 2024 pour un montant de 138 millions de DTS (183,4 millions de dollars).
Maixent Fegue

