Production d’œufs de poule: Un secteur à redynamiser
Malgré la baisse significative qu’a connu la production d’œufs de poule en 2024, avec une chute de près de 30% par rapport à l’année précédente, plusieurs initiatives sont mises en place par les producteurs locaux pour booster la production.
Le Cameroun n’a produit que 95 501 tonnes d’œufs de table au 1er décembre 2024, contre 123 100 tonnes en 2023 à la même période, soit une chute de près de 30% à en croire le document du programme économique, financier et culturel du gouvernement de 2025. Cette baisse intervient à la suite de l’explosion des coûts de production de maïs qui a vu son prix tripler en quelques mois seulement en raison de mauvaises conditions climatiques, ce qui a conduit à une réduction drastique des poules pondeuses, passant de 9 à 10 millions en 2016 à environ 5 millions aujourd’hui. Ce déficit s’est davantage creusé avec la fermeture récente des grandes unités de production avicole sous le prétexte de fortes pressions fiscales. La région de l’Ouest Cameroun représente l’un des grands bassins de production en œuf de poule puisqu’elle produit à elle seule environ 70%, à en croire le président de l’Interprofession Avicole du Cameroun (IPAVIC), François DJONOU, interviewé par notre confrère newsducamer.com. Outre l’Ouest d’autres bassins de productions d’œufs sont également observés dans la région du Centre avec des fermes de taille moyennes, au Nord et à l’Est avec des fermes de petites tailles.
Au Cameroun, l’année 2016 est considérée comme la plus difficile du secteur avicole avec notamment l’apparition du virus H1N1 responsable de la grippe aviaire. Cette épidémie hautement pathogène avait touché de nombreux bassins de productions avicole à travers le pays, entrainant par la suite l’arrêt des activités de plusieurs fermes avicoles à l’instar du Complexe avicole de Mvog-Betsi (CAM) à Yaoundé, dans la région du Centre. Pour sécuriser la santé des consommateurs et des populations de cette crise aviaire, le gouvernement du Cameroun avait pris des mesures sanitaires afin de limiter la propagation de la maladie. Après la crise, L’Etat du Cameroun avait procédé à l’importation de 4200 tonnes de maïs, en octroyant une subventions aux accouveurs pour repeupler leur fermes parentales.
Relance de la filière
Le marché des œufs au Cameroun est aujourd’hui sous pression entre inflation des prix et raréfaction des produits sur les étals. Avant la grippe aviaire de 2016, le prix d’un œuf variait entre 50FCFA et 75 FCFA l’unité, pour le prix de 1500FCFA et 1900FCFA l’alvéole. En 2026, l’inflation ou l’augmentation des coûts de production sans oublier la demande sans cesse croissante des consommateurs voit désormais le coût des œufs grimper sur le marché, avec notamment trois œufs vendus à 250FCFA pour osciller entre 1800 FCFA et 2800FCFA à l’alvéole. Au Cameroun, les importations de volailles sont interdites pour protéger la production locale. Mais la survie des élevages est régulièrement mise en difficulté par la grippe aviaire.
Le ministère de l’élevage au Cameroun en 2013, estimait la production d’œufs à 4150 tonnes pour une demande nationale de 18 000 tonnes avec un déficit de près de 14 000 tonnes selon les sources officielles. Dès lors, plusieurs initiatives ont été lancées, notamment la construction d’une ferme parentale à Obala par l’entreprise AGROCAM visant la production de près de 20 millions d’œufs à couver par an, sans oublier l’investissement de la Compagnie fermière camerounaise (CFC), du groupe Boissons du Cameroun à hauteur de 18 milliards FCFA pour produire 112 000 œufs à couver par semaine et 90 000 poussins destinés à l’élevage des poulets de chairs par les éleveurs nationaux dans la localité de Mbankomo, dans la région du Centre. Malgré ces efforts, la filière avicole au Cameroun reste fragilisée avec une production sous pression.
Par A.J.E

