Présidentielle 2025: Le Gecam sonne l’alerte pour un sursaut économique

À quelques semaines de la présidentielle du 12 octobre prochain, le Groupement des entreprises du Cameroun appelle à une refondation économique urgente pour accélérer l’émergence, freiné par des blocages structurels persistants.

À dix ans de l’horizon fixé par la Vision Cameroun 2035 pour l’émergence économique, le retard accumulé par le pays dans ses grands projets industriels, d’infrastructures, et de gouvernance est plus qu’alarmant. Ce constat, dressé par le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), par la voix de son président, Célestin Tawamba, met en exergue l’urgence d’un sursaut collectif, en particulier à l’aube de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.

Pour le patron des patrons, malgré les ambitions affichées, la réalité du terrain révèle une économie engluée dans des obstacles majeurs. « Les entreprises camerounaises, moteur essentiel de la croissance et de la création d’emplois, peinent à libérer leur potentiel. Leurs difficultés quotidiennes sont le reflet d’un retard structurel dans la mise en œuvre des politiques publiques, qui hypothèque la transformation industrielle et la qualité du climat des affaires ».

Dans son appel donc, le Gecam souligne que le Cameroun, à 65 ans de son indépendance, se trouve à un tournant décisif. « Le secteur privé plaide pour une prise en compte concrète et ambitieuse de ses priorités dans les programmes des candidats à la présidence. Il réclame notamment un environnement stable, juridique et politique, ainsi qu’une cohérence dans l’action publique, indispensables pour rassurer investisseurs et opérateurs économiques ».

Cependant, parmi les freins structurels relevés par le groupement patronal, la lourdeur administrative, l’instabilité des cadres réglementaires, une pression fiscale jugée excessive et un accès insuffisant au financement sont particulièrement saillants. Aussi, la persistance de la corruption et la faiblesse des infrastructures aggravent un contexte international incertain, fragilisant davantage la résilience du tissu productif national.

Le Gecam insiste aussi sur la nécessité d’un scrutin transparent et crédible, condition sine qua non pour une paix durable et la confiance des acteurs économiques nationaux et étrangers. Plus qu’une échéance politique classique, ce rendez-vous électoral est présenté comme une opportunité historique de rupture avec un modèle économique à bout de souffle. Au cœur de ses attentes, le secteur privé place une série de réformes clés : une refonte profonde du système fiscal pour alléger la charge pesant sur les entreprises, un effort soutenu dans le développement des infrastructures, la fin des délestages électriques récurrents, et une digitalisation efficace des services publics.

Il réclame également une sécurité juridique renforcée, la stabilité des incitations à l’investissement et une formation mieux adaptée aux besoins du marché du travail. L’industrialisation et la souveraineté productive figurent aussi parmi les enjeux majeurs. Le Gecam rappelle son rôle historique dans la proposition d’idées et de leviers concrets pour améliorer la compétitivité et la gouvernance économique. Il déplore toutefois que beaucoup de ses recommandations soient restées lettre morte ou aient été mises en œuvre avec retard.

Au-delà des critiques, le Groupement se veut constructif et prêt à accompagner le futur gouvernement dans la mise en œuvre des réformes nécessaires, en partenaire engagé et exigeant. Il appelle tous les entrepreneurs, des grandes industries aux petits commerçants, à ne pas céder au découragement, mais à continuer de jouer un rôle moteur dans la construction d’un avenir économique plus robuste, inclusif et innovant. Le Gecam invite par ailleurs à un véritable dialogue entre l’État et le secteur privé pour bâtir un nouveau contrat économique, qui fasse de l’émergence une réalité tangible. « La lucidité, la responsabilité et la vision à long terme sont plus que jamais indispensables pour orienter les choix politiques et économiques qui façonneront le Cameroun de demain ».

Hélène Tientcheu

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