Présidentielle 2025 au Cameroun: Serge Espoir Matomba veut sécuriser son vote.

Le candidat du PURS vient officiellement de lancer une vaste opération de recrutement de 90 000 scrutateurs.

À moins d’un mois du scrutin présidentiel prévu le 12 octobre 2025 au Cameroun, Serge Espoir Matomba lance une initiative d’envergure pour renforcer la surveillance du vote. Le 16 septembre dernier, dans un message publié sur sa page Facebook, le candidat du Peuple uni pour la rénovation sociale (PURS),  a annoncé le recrutement de 90 000 scrutateurs à travers l’ensemble du territoire national.

L’opération vise à veiller à ce que chaque bulletin de vote compte et que les urnes traduisent fidèlement la volonté du peuple camerounais. « C’est un engagement citoyen, un acte de vigilance et de responsabilité. Ensemble, nous protégerons notre voix, nous protégerons notre choix », peut-on lire dans son message.

Cette campagne de mobilisation constitue une première à une telle échelle pour un candidat d’opposition. Le chiffre annoncé de 90 000 scrutateurs correspond pratiquement au nombre total de bureaux de vote que le pays pourrait déployer pour cette élection. La démarche de Matomba repose sur un constat régulièrement établi lors des précédentes élections : l’incapacité de nombreux partis d’opposition à couvrir le territoire national. En cause, le manque de moyens financiers et logistiques, qui rend difficile le déploiement de scrutateurs en zones rurales ou éloignées.

Cette carence a souvent été perçue comme l’un des talons d’Achille de l’opposition camerounaise, laissant ainsi le champ libre au RDPC dans plusieurs localités. Ce vaste dispositif de contrôle électoral s’inscrit alors dans une stratégie de sécurisation du scrutin, longtemps décriée par les observateurs électoraux pour ses nombreuses failles.

La réussite de cette opération dépendra toutefois de la capacité du PURS à mobiliser sur le terrain, à former ces milliers de scrutateurs et à leur fournir le soutien nécessaire le jour du vote. Un défi logistique colossal, mais qui pourrait bien, s’il est relevé, redessiner les contours de l’opposition lors de ce scrutin crucial.

Mais à moins de 30 jours du scrutin, indiquent d’autres analystes, le calendrier joue contre le candidat du PURS. La sélection, la formation et la mobilisation de dizaines de milliers de scrutateurs en un temps aussi réduit nécessitent des moyens considérables. Sans compter les réalités du terrain : zones enclavées, tensions sécuritaires, démotivation des volontaires, et manque d’équipements de base. L’opération risque donc d’être incomplète ou de se heurter à une logistique défaillante.

En théorie, la loi électorale camerounaise autorise chaque parti à désigner des représentants dans tous les bureaux de vote. En pratique, seuls les partis disposant de structures solides et d’un maillage territorial important parviennent à le faire efficacement.

Âgé de 45 ans, Serge Espoir Matomba n’est pas un inconnu sur la scène politique camerounaise. Il avait déjà participé à l’élection présidentielle de 2018, obtenant 0,56 % des suffrages, soit 23 687 voix, selon les résultats officiels proclamés par le Conseil constitutionnel. Un score modeste, mais qui avait suffi à le positionner comme un jeune acteur politique ambitieux et déterminé.

Julien Efila

 

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