Pratiques anormales dans les ports: Douala et Kribi passés au crible

Réunis à Douala le 12 février dernier, les acteurs portuaires et institutionnels ont examiné les résultats des études de l’Observatoire des pratiques anormales sur ces deux places portuaires.

Un atelier régional tenu à Douala, le 12 février 2026, a mis des mots précis sur un malaise longtemps ressenti par les usagers des ports. Pendant une journée, les résultats des études de l’Observatoire des pratiques anormales (OPA) sur les corridors d’Afrique centrale ont été restitués, ouvrant un débat direct sur ce qui ralentit, renchérit et fragilise le transit portuaire au Cameroun et dans la sous-région Cemac. Au cœur des échanges, les ports de Douala et de Kribi, présentés comme des maillons stratégiques du commerce régional. « Les pratiques observées affectent la fluidité des opérations et, à terme, la confiance des usagers », a résumé Pierre-Guillaume Boum Bissai, représentant du président de la Commission de la Cemac, en appelant à une prise de responsabilité collective.

Les études présentées s’appuient sur des enquêtes menées au plus près du terrain, auprès des commissionnaires en douane et des acteurs portuaires. Délais d’attente, coûts additionnels, durée de séjour des camions : les constats dessinent une chaîne logistique encore entravée par des pratiques jugées inadaptées. « Il fallait objectiver ce que tout le monde perçoit sans toujours pouvoir le démontrer », a expliqué le directeur général de l’Institut sous-régional de statistique et d’économie appliquée (Issea), chef du projet OPA.

Pour autant, le diagnostic ne se veut pas accablant. Les participants ont aussi mis en avant des marges de progrès réelles et des initiatives déjà engagées. « Nos observations doivent servir à lever progressivement les entraves au transit », a insisté un intervenant, soulignant la nécessité de réformes concrètes et réalistes. Qui indique que les recommandations formulées visent ainsi à améliorer la transparence, réduire les délais et renforcer la coordination entre acteurs.

Soutenu par l’Union européenne à travers un programme d’appui à la gouvernance, l’Observatoire entend désormais transformer l’essai. Un document final de recommandations doit être transmis aux autorités nationales et communautaires. Pour les usagers, il s’agit de rendre les ports de Douala et de Kribi plus accessibles et performants.

Hélène Tientcheu

 

 

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