Port de Douala : Nationalisation des terminaux à conteneurs et dragage

Au sortir d’un Conseil d’administration tenu le 22 décembre 2020, le Port autonome de Douala
(PAD), la société d’État en charge de la gestion de la plus importante plateforme portuaire du
Cameroun, a été autorisé à créer une régie dédiée au service de remorquage des navires.
Cette activité, qui a officiellement généré un chiffre d’affaires annuel moyen de 3,6 milliards de FCFA

au port de Douala au cours des 5 dernières années, consiste à tracter un navire à l’entrée ou à la
sortie du port, à l’aide d’un ou de plusieurs remorqueurs, lorsque le navire en question ne peut pas
réaliser tout seul ses opérations d’accostage ou quitter les quais.
À la faveur de la création de cette nouvelle régie, le PAD se prépare ainsi à reprendre à son propre
compte, la gestion d’une activité concédée depuis plusieurs années à des entreprises étrangères. La
nouvelle régie voit d’ailleurs le jour à l’issue d’un appel d’offres international lancé en juin 2020, et
finalement déclaré infructueux le 18 décembre courant, au terme de négociations n’ayant pas connu
un aboutissement heureux avec Boluda France.
De bonnes sources, cette filiale du conglomérat espagnol Boluda Corporación Marítima a jugé trop
contraignantes les conditions mises en place par le PAD pour l’attribution du contrat de concession
du service de remorquage au port de Douala (pratique des prix compétitifs, géographie du capital de
la société à mettre en place, investissements, etc.). Les négociations, apprend-on, ont
principalement achoppé sur les investissements exigés par le PAD dans le cadre du contrat de
concession.
Par exemple, alors que le PAD exigeait l’achat de trois remorqueurs neufs, dont deux à commander
trois mois après l’entrée en vigueur du contrat et à mettre en service dès la 2e année de la
concession, puis la mise en service d’un 3e remorqueur neuf à la 8e année de la concession ; Boluda
France, lui, a montré de bonnes dispositions à n’acheter que des remorqueurs d’occasion, apprend-
on de sources proches du dossier. Ces investissements pourraient finalement être réalisés par le PAD
lui-même, dans le cadre de la nouvelle régie.
Nationalisation des activités à la pelle…
L’avènement de la régie du remorquage consacre la nationalisation des activités majeures au port de
Douala, qui est jusqu’ici la principale porte d’entrée des marchandises dans le pays. En effet, suite à
une séparation tumultueuse avec Bollore-APM Terminals en fin d’année 2019, au terme d’un contrat
de concession de 15 ans sur le terminal à conteneurs du port de Douala, le PAD a lancé la Régie du
terminal à conteneurs (RTC), qui opère ce terminal depuis bientôt un an.
« Malgré le contexte difficile qui a caractérisé la reprise de l’exploitation du terminal à conteneurs le
1er janvier 2020, la RTC a bien accompli sa mission, en fournissant aux usagers dudit terminal un
service de qualité dans le respect des objectifs de performance et de résultats qui lui ont été fixés »,
souligne le Conseil d’administration du PAD au terme de sa session du 27 juillet 2020. « Comment
comprendre que les changements intervenus au niveau de la gestion du terminal à conteneurs du
port de Douala aient pour conséquence la multiplicité soudaine des droits exigés aux usagers ? »,
s’est pour sa part interrogé Célestin Tawamba, au terme de sa récente réélection à la tête du Gicam,
le regroupement patronal le plus important du pays.
Au cours de l’année 2020 qui s’achève, l’entreprise publique chargée de la gestion du port de Douala
a également lancé la régie déléguée pour les activités de dragage du chenal, jadis confiées à des

opérateurs étrangers tels que le Belge Jan de Nul, et plus récemment le Chinois CHEC. Le 13 octobre
2020, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a inauguré et officiellement mis en service les
équipements acquis par le PAD dans le cadre de cette régie, pour un montant de plus de 45 milliards
de FCFA.
Grâce à ces équipements exploités par sa régie déléguée, le PAD entend réaliser des économies
substantielles, qui permettront en même temps de solidifier la trésorerie de l’entreprise. Dans le
détail, souligne le PAD, sur les cinq dernières années, le coût moyen annuel des travaux du dragage
se chiffre à 17,16 milliards de FCFA. Selon les prévisions de la régie, le coût moyen annuel de
l’ensemble des activités de dragage du port de Douala reviendra à environ 6,7 FCFA sur les cinq
prochaines années, ce qui induit un gain annuel de plus de 10 milliards de FCFA.

I.C

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