Port de Douala: Des avancées prometteuses, des lenteurs à surmonter

Selon une enquête de 2024 de l’Observatoire régional des pratiques anormales (OPA), la digitalisation et la modernisation dudit Port montrent des avancées prometteuses, mais certains blocages continuent de freiner le transit des marchandises en Afrique centrale.

Le Port de Douala affiche aujourd’hui des signes concrets de modernisation. Grâce aux plateformes numériques comme Guichet unique des opérations du commerce extérieur (Guce) et Cameroon Customs Information System (CAMCIS), plusieurs procédures de transit et de dédouanement sont désormais partiellement dématérialisées, simplifiant certaines démarches pour les commissionnaires agréés en douane (CAD). « La digitalisation a déjà réduit la paperasse pour certaines formalités, et nous commençons à gagner du temps », souligne un CAD ayant participé à l’enquête de 2024, de l’Observatoire régional des pratiques anormales (OPA), présenté à Douala le 12 février dernier. De même, l’installation progressive de balises GPS et l’amélioration de certaines infrastructures témoignent d’efforts pour rendre le port plus efficace et transparent.

Cependant, malgré ces avancées, les obstacles restent présents. « Certaines démarches, comme l’émission du Titre de transit ou de la Lettre de Voiture Internationale, nécessitent encore des étapes physiques. Les délais pour sortir une cargaison se situent en moyenne à huit jours, tandis que les camions restent trois jours dans l’enceinte portuaire. Les coûts associés aux formalités peuvent atteindre 180 000 FCFA par camion. Pire, 20 à 30 % des CAD reconnaissent avoir payé informellement à différentes étapes pour accélérer le processus. Sans ces paiements, certaines cargaisons resteraient bloquées pendant des jours », confie le résultat d’enquête menée en 2024 par OPA.

L’étude montre également que les problèmes techniques et structurels aggravent la situation : coupures d’électricité, insuffisance de balises GPS et connexions Internet instables freinent la fluidité du transit. À cela s’ajoute un manque de coordination entre institutions, comme le Bureau de gestion du fret terrestre (Bgft), le Bureau national de fret terrestre (Bnft) ou le Bureau d’affrètement routier centrafricain (Barc), et une information insuffisante pour les usagers. « Ces difficultés montrent que la modernisation doit aller de pair avec une gouvernance renforcée ».

Pour capitaliser sur les progrès, l’OPA recommande de finaliser la dématérialisation et d’harmoniser les systèmes entre le Cameroun et ses voisins, notamment la RCA et le Tchad. La création d’un guichet unique et d’un système portuaire intégré permettrait, selon l’Observatoire, de réduire les coûts et les délais. Des mécanismes de dénonciation des pratiques illicites, un renforcement des contrôles internes et la formation des acteurs complètent ces mesures.

En dépit des défis, l’enquête souligne que le Port de Douala progresse vers une meilleure compétitivité. Comme le résume un responsable portuaire : « La digitalisation est un pas en avant. Si nous consolidons ces acquis avec transparence et modernisation des infrastructures, le port deviendra un véritable corridor logistique régional ». Ainsi, les réformes techniques et institutionnelles restent la clé pour transformer ces avancées en gains durables pour l’Afrique centrale.

H.T

 

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