Politiques publiques: Évaluer pour mieux servir les populations
Réunis à Mbankomo dans la Mefou-et-Akono, ce 5 août à l’occasion d’un café thématique sur la réforme des finances publiques, experts et journalistes spécialisés en économie ont exploré le rôle crucial de l’évaluation des politiques publiques, une démarche qui vise à replacer le citoyen au cœur de l’action publique.
Quelle est l’incidence de l’évaluation des politiques publiques sur la vie des citoyens ? C’est autour de cette interrogation que s’est articulée la présentation d’Ernest Nnanga, à l’occasion d’un café thématique sur la réforme des finances publiques organisé par le MINFI.
Ayant capté l’attention, l’exposé du chef de division de la prospective et de la planification stratégique au MINEPAT a mis en évidence que l’évaluation n’est pas un simple outil administratif ou financier. Elle est avant tout un moyen stratégique pour améliorer l’efficacité de l’action publique et répondre plus pertinemment aux besoins des populations.
Sur le terrain, l’impact de l’évaluation se fait sentir à plusieurs niveaux, a-t-on appris. Elle permet d’abord une amélioration tangible de l’accès aux services de base. Grâce à l’analyse des résultats obtenus par les programmes publics, l’État est en mesure d’ajuster ses stratégies, de réaffecter ses ressources et de corriger les dysfonctionnements. Cela se traduit notamment par une meilleure disponibilité des services de santé, d’éducation, ou encore de sécurité sociale, particulièrement dans les zones sous-desservies.
L’évaluation favorise également une transparence accrue dans la gestion des finances publiques. « En identifiant les sources d’inefficacité et les gaspillages, elle contribue à une utilisation plus rationnelle des ressources, tout en renforçant la confiance des citoyens envers les institutions. Autre contribution majeure, l’évaluation encourage une plus grande participation des citoyens aux processus de décision. En intégrant leurs préoccupations et attentes à travers des enquêtes ou des consultations publiques, elle pousse les pouvoirs publics à adopter une approche plus inclusive et centrée sur les réalités locales.
Sur le plan social, l’évaluation permet également de mieux cibler les inégalités. En mettant en lumière les écarts dans l’accès aux services, elle oriente les politiques vers davantage d’équité et de justice sociale. Elle renforce par ailleurs les capacités institutionnelles et guide les investissements vers des projets à forte valeur ajoutée pour les populations, notamment dans une perspective de développement durable.
Défis persistants
Cependant, plusieurs défis entravent encore la pleine efficacité de l’évaluation des politiques publiques. L’un des principaux obstacles demeure l’insuffisance des données statistiques fiables et accessibles. À cela s’ajoute une faible appropriation de la réforme par certaines parties prenantes, tant au niveau des administrations que des collectivités locales.
Le renforcement de la production statistique, à travers des annuaires sectoriels et une programmation rigoureuse de grandes opérations statistiques nationales telles les recensements ou les comptes économiques est également nécessaire pour garantir la régularité et la fiabilité des évaluations. Aussi, il est nécessaire de mieux coordonner les acteurs impliqués dans le processus d’évaluation afin d’éviter les doublons, d’harmoniser les outils et d’optimiser les ressources.
Par ailleurs, l’implication active des parties prenantes, notamment les élus locaux, les organisations de la société civile et les bénéficiaires finaux, doit être systématiquement recherchée pour donner du sens et de la légitimité aux évaluations. Enfin, l’accès libre aux rapports et données produits dans le cadre du suivi-évaluation doit être garanti.
Par Julien Efila

