Opération Épervier : Gilles Roger Belinga et Gerard Ondo Ndong, libres
Figures emblématiques de la lutte anticorruption lancée en 2006 par le président de la République, Paul Biya, les anciens directeurs généraux de la Sic et du Feicom viennent de sortir de prison après de longues années de détention.
Après la fausse alerte de la veille, Gilles Roger Belinga et Gérard Ondo Ndong ont effectivement été libérés ce 21 février au petit matin, selon des sources concordantes. L’information, confirmée par leurs proches, met un terme à des heures d’incertitude et marque un tournant pour deux des premières figures arrêtées dans le cadre de l’opération anticorruption engagée en 2006 sous l’impulsion du président de la République.
Ancien directeur général de la Société immobilière du Cameroun (SIC), Gilles Roger Belinga aura passé vingt ans en détention à la prison du secrétariat d’État à la Défense (Sed) à Yaoundé. Son incarcération, au milieu des années 2000, avait fortement marqué l’opinion publique.
Suite à sa libération, déroulée dans la discrétion, un culte d’action de grâce a été célébré ce samedi matin à la paroisse de Messa, à Yaoundé. Famille, proches et fidèles s’y sont réunis pour rendre grâce, dans une atmosphère empreinte d’émotion et de recueillement, symbolisant pour ses soutiens la fin d’une longue épreuve.
De son côté, Gérard Ondo Ndong a passé vingt-cinq années derrière les barreaux. Lui aussi considéré comme l’une des figures emblématiques des premières vagues d’interpellations, son arrestation avait alimenté un vaste débat sur la gouvernance, la transparence et l’indépendance de la justice.
A la suite de sa remise en liberté, des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux montrent un accueil chaleureux dans l’une de ses résidences. On y voit l’ancien détenu entouré de proches, entre embrassades et scènes d’euphorie.
Dans la foullée, on annonce également la sortie de prison de Joseph Edou, l’ancien directeur général du Crédit foncier du Cameroun, condamné à 40 ans de prison depuis 2006.Près de vingt ans après le lancement de l’opération Épervier par Paul Biya, cette double libération ravive les interrogations sur le bilan et l’héritage de cette vaste campagne anticorruption.
Présentée à ses débuts comme un tournant décisif dans l’assainissement des finances publiques, elle continue de susciter débats et analyses sur la durée des procédures, les conditions de détention et les trajectoires personnelles des responsables concernés.
Par Julien Efila


