NFC-Bank: Une renaissance orchestrée par l’État

Après plus d’une décennie de turbulence, la restructuration de cet établissement financier en faillite a permis de le sauver et de relancer ses activités dans des conditions désormais plus saines.

Il y a treize ans, la NFC-Bank sombrait, aujourd’hui elle renaît. Ce retournement spectaculaire est le fruit d’une stratégie de restructuration conduite avec méthode, détermination et rigueur par l’État camerounais, à la suite d’une dégradation financière critique qui avait entraîné son placement sous administration provisoire par la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC) le 21 novembre 2012.

À cette époque, la National Financial Credit Bank affichait un capital initial de 6,1 milliards de FCFA, largement entamé par des pertes chroniques, une gestion interne déficiente et un portefeuille de créances en souffrance devenu ingérable. C’est dans ce contexte que Julius Berdu Manjo fut nommé administrateur provisoire avec pour mission de maintenir la banque camerounaise à flot en attendant une solution structurelle plus ambitieuse.

Le véritable tournant s’opère en 2019 à Libreville, où un plan de restructuration global est validé par le gendarme des institutions financières de la sous-région, la COBAC. Ce plan repose sur six axes fondamentaux : le rachat de la banque par l’État au franc symbolique, l’apurement des pertes, le comblement de l’insuffisance d’actifs, la recapitalisation, la réorganisation de la gouvernance et une future sortie progressive de l’État du capital. Une feuille de route qui allait nécessiter non seulement des moyens financiers considérables, mais aussi une volonté politique constante.

Le processus s’accélère à partir de novembre 2021. Lors d’une assemblée générale extraordinaire, l’entrée officielle de l’État dans le capital social de la banque est actée : 9,992 milliards FCFA injectés pour renforcer le capital, tandis que les actionnaires historiques apportent 7,3 milliards FCFA. Ce réalignement structurel vise à redonner une assise financière solide à l’établissement.

L’effort de l’État ne s’arrête pas là. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a révélé lors de l’installation du nouveau top management, le 28 juillet 2025, que le Trésor public avait déboursé au total 24,753 milliards FCFA. Ce montant comprend : 2,753 milliards FCFA pour le rachat du portefeuille des créances en souffrance, évalué à 36,2 milliards FCFA au 31 décembre 2018 ; 12,7 milliards FCFA pour combler l’insuffisance d’actifs constatée. Et 9,9 milliards FCFA pour la recapitalisation proprement dite. Le portefeuille des créances irrécouvrables a été transféré à la Société de recouvrement des créances du Cameroun (SRC), permettant ainsi à la NFC-Bank de repartir sur des bases assainies.

L’impact de ces mesures s’est rapidement fait sentir. La confiance est progressivement revenue, les indicateurs financiers se sont redressés, et les exigences prudentielles ont été à nouveau respectées. C’est ainsi que, le 26 juin 2025, par une décision officielle, la COBAC a levé l’administration provisoire qui pesait sur l’établissement depuis près de treize ans.

Cette expérience de restructuration réussie, menée dans un environnement sous-régional, a été félicitée par le MINFI, qui a tenu à appeler à « plus d’ardeur et de rigueur » pour consolider les acquis.

Par Julien Efila

 

 

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