Marchés financiers: Le Minfi 200 milliards sur le marché de la Beac

Selon le ministère des Finances, cette levée de fonds s’est faite par émissions d’obligations du trésor assimilables (OTA) de 3,4, 5, 6 et 7 ans de maturités, rémunérées entre 6,5% et 7,5%.

Le Trésor public camerounais a pu mobiliser une enveloppe de 200 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de la BEAC le 30 juin 2025. Cette levée de fonds s’est faite par émissions d’obligations du trésor assimilables (OTA) de 3,4, 5, 6 et 7 ans de maturités, rémunérées entre 6,5% et 7,5%.

Ces taux d’intérêts, couplés à la crédibilité de la signature du Cameroun, qui n’enregistre aucun défaut de paiement sur ce marché depuis 14 ans, ont certainement incité les Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) à souscrire 100% des titres émis. A hauteur de 40 milliards de FCFA par maturité des titres.

Pour rappel, seuls quatre SVT – Afriland, Ecobank, SG et SCB – réputés être les plus performants du marché ont été choisis pour jouer les intermédiaires dans cette opération goupillée par l’Etat du Cameroun et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). En effet, les 200 milliards de FCFA mobilisés par le Trésor camerounais proviennent d’Afreximbank.

Cette institution financière panafricaine a effectué un swap – c’est-à-dire une conversion des euros en franc CFA auprès de la BEAC – qui lui a permis de pouvoir souscrire aux émissions d’OTA effectuées par l’Etat du Cameroun en monnaie locale. A la faveur de cette opération, Afreximbank devient la toute première institution financière étrangère à intervenir sur le marché des titres publics de la Cemac.

Entre décembre 2023 et décembre 2024, le coût moyen des bons du Trésor assimilables (BTA) émis par les pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA) sur le marché des titres de la BEAC, leur banque centrale, a légèrement progressé. Selon le rapport de politique monétaire publié par la BEAC en mars 2025, cette hausse est de 0,48% en glissement annuel, passant de 6,23% à fin 2023 à 6,71% à fin 2024.

En dehors de la politique monétaire d’austérité mise en place par la banque centrale, qui visait justement à durcir les conditions d’accès aux financements, cette augmentation des coûts moyens des BTA (titres publics de courts termes, dont la maturité n’excède pas 52 semaines, NDLR) peut également s’expliquer par la forte demande des emprunts de courtes maturités par les États de la Cemac.

En effet, selon les données révélées par la BEAC, sur l’enveloppe de 5079,3 milliards de FCFA mobilisée par les pays de la Cemac sur le marché des titres publics en 2024, plus de 3068 milliards de FCFA ont été obtenus par émissions de BTA, soit 60,4% des fonds levés.  « Les bons à 26 semaines sont restés les plus prisés, avec un montant total émis de 1 695,4 milliards, représentant 55,2% du total des émissions de BTA sur la période », apprend-on officiellement. Cet attrait des pays de la Cemac pour les BTA a eu pour conséquence, au nom de la loi de l’offre et de la demande, d’aiguiser les appétits des investisseurs en termes de rémunération de leurs placements.

Source : IC

 

 

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