Lutte contre le braconnage: Quand l’ivoire d’éléphant et l’écaille du pangolin incite l’appétit

Des mesures ont été prises par les pouvoirs publics afin de lutter contre la chasse illégale et redonner une lueur d’espoir à ces animaux en voie d’extinction. 

Dans son rapport l’organisation Last Great Apes (LAGA), révèle qu’au cours de l’année 2023, plus de 270 kg d’écailles de pangolin ont été saisies auprès de neuf trafiquants au Cameroun. Tout comme au début de l’année 2025, une seule saisie d’écailles de pangolin d’environ 80kgs s’est faite par cette ONG, spécialiste dans l’application des lois sur la protection de la faune sauvage en Afrique, dans la localité de Tibati au Nord Cameroun.  Le gouvernement du Cameroun a intensifié la lutte en adoptant en 2024, une nouvelle loi portant régime des forêts et de la faune sauvage qui augmente considérablement les sanctions pour l’abattage, la capture, la détention ou la commercialisation d’animaux protégés de classe A, y compris les pangolins.

L’adoption d’une stratégie décennale (2020-2030) de lutte contre le braconnage et la criminalité faunique, le renforcement du partenariat entre les différentes sectorielles (Forêts et Faune, Police, Gendarmerie, Douanes et Justice) et la mobilisation des partenaires techniques et financiers autour de la cause faunique, protège désormais ces animaux dont la chasse illégale conduirait à leur extinction.  Dans la ville de Douala en 2017 par exemple, la saisie de 5,4 tonnes d’écailles de pangolin, ainsi que deux autres enquêtes qui ont conduit à la saisie de plus de 700 kg d’écailles et à six arrestations en 2018, suivi de la saisie de deux tonnes d’écailles et de 200 kg d’ivoire en 2019, avec quatre arrestations avait amené les pouvoirs publics à renforcer la protection autour de ces espèces en voie disparition.

Depuis 2024, une nouvelle loi portant régime des forêts et de la faune sauvage augmente considérablement les sanctions pour l’abattage, la capture, la détention ou la commercialisation d’animaux protégés et des amendes pouvant atteindre 50 millions de francs (89 000 dollars) et des peines de prison pouvant aller jusqu’à 20 ans peuvent désormais être infligées. L’on note dans la même veine qu’une enquête menée en 2024 par WildAid, a révélé une baisse de 27 % du nombre de personnes déclarant consommer de la viande de pangolin au moins une fois par mois dans les villes de Yaoundé, Douala, Ebolowa et Mbalmayo par rapport à 2022.

Des éléphants massacrés pour leurs ivoires  

Comme avec le Pangolin, les braconniers déciment des éléphants chaque année pour leurs ivoires considérés comme « l’or blanc » qu’ils revendent au marché noir, entraînant la disparition progressive voire l’extinction totale de la population du pachyderme.

Soucieux de barrer la voie à ce fléau qui menace l’écosystème faunique au Cameroun, le gouvernement a adopté un plan d’urgence visant à recruter 2 500 éco-gardes supplémentaires sur cinq ans et créer une nouvelle autorité nationale de gestion des parcs.

De ce fait, des avancées significatives ont été enregistrées dans la lutte contre le braconnage de l’ivoire d’éléphant en 2025,d’après  les rapports de Last Great Apes (LAGA), en partenariat avec le ministère camerounais des forêts et de la faune (MINFOF).

Notons que ces opérations coup de poings ont conduit à l’arrestation de 10 trafiquants présumés, dont huit condamnés à des peines d’emprisonnement et à des amendes cumulées de 4,4 millions de FCFA.

Outre ces mesures protectrices s’inscrivant dans une stratégie de militarisation verte pour protéger les éléphants telle que recommandée par l’Institute for Security Studies (ISS Africa), une étude récente de septembre 2025 démontre que le braconnage d’éléphant menace non seulement l’animal, mais aussi l’écosystème forestier. Car sans éléphants qui favorisent la régénération des forêts, certaines essences comme l’ébène perdrait 68 % de sa capacité de reproduction, compromettant ainsi l’équilibre écologique du pays.

In fine, la volonté et la détermination des pouvoirs publics reste entachée par la complicité locale et la corruption qui parfois implique des agents de l’État dans le trafic à cause de la forte demande internationale de l’ivoire qui alimente les réseaux criminels organisés, notamment en Asie, d’après les données du rapport annuel 2025 de LAGA.

Par Arnaud Joseph Etoundi

 

 

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