Le Cameroun prépare un emprunt de 95 milliards de FCFA auprès de la BAD
Paul Biya, le président de la République a signé, le 31 juillet 2025, le décret n°2025/376 habilitant le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) à signer un accord de prêt avec la Banque Africaine de Développement (BAD). Ce prêt, d’un montant de 136 millions d’euros, soit environ 95 milliards de francs CFA, est destiné à financer le Programme Bâtir les Capacités et les Compétences pour l’Employabilité et l’Entrepreneuriat dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun.
Conformément aux termes du décret, le Minepat est autorisé à signer cet accord avec faculté de délégation, afin de garantir une exécution administrative fluide. Le décret précise également que l’acte sera publié selon la procédure d’urgence et inséré au Journal Officiel en français et en anglais.
Ce programme intervient dans un contexte de vulnérabilité économique marqué par un fort taux de chômage des jeunes, une faible insertion des diplômés dans le tissu économique local et une fragilité structurelle de l’environnement entrepreneurial dans la région. Il vise à renforcer les capacités humaines, techniques et managériales des populations locales, tout en soutenant des initiatives d’auto-emploi et de création d’entreprises durables.
Les fonds permettront notamment de financer des formations qualifiantes et professionnalisantes adaptées aux réalités locales ; des appuis techniques et financiers à des porteurs de projets ; la mise en place ou le renforcement de centres de développement des compétences.
Le projet est financé dans le cadre de la mise en œuvre de la loi de finances 2025 (loi n°2023/013 du 23 décembre 2024, modifiée par l’ordonnance n°2025/001 du 11 juillet 2025). Il s’appuie également sur le décret n°2011/408 du 09 décembre 2011 modifié, fixant les attributions du ministre de l’Économie en matière de mobilisation de ressources extérieures. Ce prêt reflète la stratégie de relance inclusive et territorialisée de l’État camerounais, notamment dans les régions en situation de fragilité, à travers la mobilisation de partenariats multilatéraux structurants. Le choix de l’Extrême-Nord, régulièrement affecté par des crises sécuritaires et climatiques, répond à une priorité nationale de rééquilibrage et de réduction des inégalités régionales.

