Kribi–Douala: Gulfcam relance le cabotage pour soulager la route
D’ici quelques jours, Gulfcam mettra en service une liaison maritime entre Kribi et Douala pour transporter des conteneurs et réduire la pression sur les routes nationales.
Le transport des marchandises entre Kribi et Douala pourrait bientôt changer de visage. L’entreprise Gulfcam annonce le lancement, dès la semaine prochaine, d’un service de cabotage reliant les deux ports par voie maritime. L’objectif est de transférer une partie du trafic de conteneurs vers la mer afin de réduire la pression sur les routes nationales n°3 et n°7, aujourd’hui saturées par les poids lourds.
Actuellement, selon des données officielles, plus de 60 % des conteneurs qui quittent le port de Kribi rejoignent Douala par camion. « Ce flux intense provoque une usure accélérée des routes et multiplie les risques d’accidents. Ceux qui empruntent régulièrement l’axe Edéa-Kribi voient souvent des conteneurs renversés sur le bas-côté », constate Perrial Jean Nyodog, président de Gulfcam. Pour lui, basculer une partie de ces volumes vers la mer relève d’une réponse à la fois logistique et d’utilité publique.
Cette initiative marque en réalité un retour. L’entreprise avait déjà tenté l’expérience en 2020, mais le projet avait été freiné par la pandémie de Covid-19. Cette fois, Gulfcam entend s’inscrire dans la durée en proposant un service régulier de transport maritime à courte distance entre le Port de Kribi et le Port de Douala. Concrètement, renseigne le top management de l’entreprise, le dispositif doit permettre de déplacer des conteneurs entre les deux plateformes portuaires pour simplifier leur parcours. Les cargaisons débarquées à Kribi pourront ainsi rejoindre Douala par la mer afin d’y achever leurs formalités administratives.
À l’inverse, apprend-on, les marchandises destinées au marché local pourront être transportées de manière sécurisée vers la capitale économique. « L’objectif majeur est de résoudre le problème du trafic saturé sur les routes nationales n°7 et n°3 », insiste Perrial Jean Nyodog. Qui indique que le service fonctionnera également dans l’autre sens. « Les exportateurs installés dans la région du Littoral pourront envoyer leurs conteneurs vers Kribi afin de les charger sur de grands navires en partance pour l’Asie, l’Europe ou l’Amérique ».
Pour les opérateurs économiques, l’intérêt est double. D’une part, le transport maritime promet des délais plus prévisibles que la route, souvent perturbée par les embouteillages et les incidents. D’autre part, il pourrait offrir des coûts plus compétitifs. « Cette liaison ouvre une nouvelle étape pour la chaîne logistique du pays », estime l’expert maritime Georges Njoya, qui y voit un moyen de mieux relier les deux principaux ports camerounais.
Le dispositif reposera donc sur un navire baptisé « Atlantic Runner II ». Long de 180 mètres et équipé de grues embarquées, il pourra transporter des conteneurs entre les deux ports en moins de dix jours pour un aller-retour. Gulfcam prévoit au minimum trois escales par mois et vise environ 2 000 conteneurs par voyage. À terme, l’entreprise ambitionne d’élargir sa flotte. Son objectif est de disposer d’au moins six navires afin de capter près de la moitié des volumes qui transitent actuellement par la route.
H.T

