JMPME 2026: L’État mise sur la transformation locale
En présence du MINADER, Gabriel Mbairobe, de l’Union Européenne, et du Système des Nations Unies, Le MINPMESSA Achille Bassilekin III, a lancé l’édition 2026 de la Journée des Microentreprises et des Petites et Moyennes Entreprises (JMPME) sous le thème « De la matière première au produit fini : les MPME au cœur de la transformation » dont la volonté est de faire des entrepreneurs locaux, les fers de lance de l’indépendance industrielle du pays.
Le message du gouvernement est de faire des Microentreprises et des Petites et Moyennes Entreprises (MPME), les principaux acteurs de la transformation locale des matières premières, de l’industrialisation et de la politique nationale d’import-substitution. Pour porter ce message, d’émancipation économique, le Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), Achille Bassilekin III, était entouré par le ministre de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER), Gabriel Mbairobe, illustrant la synergie indispensable entre la production agricole de base et sa valorisation industrielle. Le système des Nations Unies s’est également mobilisé à travers la présence de Nadine Perrault, Représentante résidente de l’UNICEF, ainsi que des délégués de l’Union européenne et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). La Directrice Générale du Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise (LANACOME), garante de la qualité et de la normalisation, complétait cette table sectorielle entourée de centaines de promoteurs de MPME venus de toutes les régions du pays.
Cette 6e édition de la Journée des Microentreprises et des Petites et Moyennes Entreprises (JMPME), a été l’occasion de dresser un bilan chiffré des politiques publiques menées ces dernières années. Les statistiques officielles arrêtées au 31 décembre 2025, révèlent en effet une progression nette et continue de la création de MPME spécifiquement orientées vers le secteur de la transformation. Ce virage vers le secteur manufacturier témoigne d’une mutation structurelle progressive de l’écosystème entrepreneurial camerounais, traditionnellement dominé par le commerce de détail à faible valeur ajoutée. Cette dynamique positive est le fruit d’une prise de conscience globale et de l’implémentation de la politique d’import-substitution prônée par le gouvernement. En transformant localement ce qu’il consomme, le Cameroun ambitionne non seulement de réduire sa dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs, mais aussi de préserver ses devises et de mieux résister aux chocs inflationnistes mondiaux. Les MPME ne sont plus perçues comme de simples amortisseurs sociaux, mais comme le moteur principal de la création de richesses nationales.
Une ambition à l’échelle continentale
Pour consolider cette trajectoire ascendante, le gouvernement a tracé une feuille de route ambitieuse articulée autour de cinq objectifs majeurs. Premièrement, le développement des chaînes de valeur locales permettra d’assurer une intégration verticale de l’économie, où chaque étape de la production génère du profit sur le territoire national. De cette même dynamique, l’accent est mis sur la hausse de la valeur ajoutée manufacturière pour mettre fin à l’exportation de matières premières brutes.
En somme, les bénéfices attendus sont colossaux, notamment en termes de création d’emplois durables pour une jeunesse en quête d’opportunités. Par ailleurs, la question de la qualité reste centrale avec le renforcement de la compétitivité du « Made in Cameroon », soutenu par des institutions de contrôle, doit permettre aux produits locaux de rivaliser fièrement avec les biens importés, tant sur le plan du prix que des normes sanitaires et techniques. À l’ère de la Zone de Libre-Échange Continentale (ZECLAF), les autorités camerounaises entendent donner aux MPME les armes nécessaires pour conquérir les marchés régionaux et continentaux, transformant le Cameroun en véritable hub industriel en Afrique centrale.
Par Arnaud Joseph Etoundi

