Insécurité sanitaire: Vers un plan stratégique de lutte renforcée
Du 24 jusqu’au 28 novembre se tient à Yaoundé la deuxième Évaluation externe conjointe (EEC) du Règlement sanitaire international (RSI), avec pour objectif pour le pays de se doter d’une feuille de route actualisée, destinée à guider ses actions prioritaires des prochaines années.
Alors que les crises sanitaires se multiplient à l’échelle mondiale, Yaoundé devient, le temps de quelques jours, le centre d’un exercice stratégique qui pourrait redéfinir l’avenir de la sécurité sanitaire du Cameroun. Au Hilton Hôtel, où s’est ouverte le 24 novembre dernier, la deuxième Évaluation externe conjointe (EEC) du Règlement sanitaire international (RSI), des experts nationaux, des partenaires techniques et financiers scrutent les forces et les fragilités du système de santé camerounais.
Durant cinq jours, des experts nationaux et internationaux passeront au crible une quinzaine de domaines techniques : surveillance, laboratoires, communication sur les risques, vaccination, gestion des points d’entrée, sécurité alimentaire, lutte contre les zoonoses, préparation et réponse aux urgences, entre autres. Une analyse profonde qui débouchera sur une feuille de route actualisée, destinée à guider les actions prioritaires des prochaines années.
L’enjeu est majeur : doter le Cameroun d’un système de santé capable de détecter rapidement les menaces, d’agir efficacement et de protéger durablement la population. Car dans un monde où les épidémies n’ont plus de frontières, la résilience sanitaire devient un élément déterminant de la stabilité nationale.
À l’issue de cette Évaluation Externe Conjointe, le Cameroun pourra renforcer sa position dans le dispositif régional et mondial de sécurité sanitaire, tout en consolidant ses mécanismes internes. Une étape essentielle pour anticiper l’avenir et faire de la santé un véritable levier de développement et de protection des populations.
Pilotée par la Direction de la lutte contre les maladies et les épidémies du ministère de la Santé publique, cette EEC est un passage obligé pour mesurer les progrès accomplis depuis la première évaluation de 2017 et pour identifier les lacunes qui subsistent. « Cette évaluation est une étape stratégique et cruciale pour mesurer nos progrès, identifier les gaps et définir les priorités permettant de consolider durablement la sécurité sanitaire dans notre pays et dans le monde », a déclaré le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, à l’ouverture des travaux.
L’exercice vise à analyser la préparation, la prévention, la détection et la réponse du Cameroun face aux urgences de santé publique. Il servira de base à l’actualisation du Plan d’action national de sécurité sanitaire (PANSS), boussole du pays en matière de gestion des risques sanitaires.
À l’heure où les pandémies récentes : COVID-19, Mpox, choléra, etc., ont mis en lumière la vulnérabilité des systèmes de santé dans le monde, le Cameroun entend renforcer les fondations de son dispositif. Depuis 2017, a indiqué le patron de la santé publique, des progrès notables ont été enregistrés, notamment dans le renforcement de la surveillance épidémiologique, l’amélioration des laboratoires, la gestion des urgences et la coordination intersectorielle.
Mais, comme il l’a rappelé en outre, certains goulots d’étranglement persistent : capacités logistiques limitées, besoins en formation, mécanismes de financement insuffisants ou encore dispositifs de communication en situation de crise parfois fragiles. L’EEC 2025 permettra d’établir un diagnostic précis et objectif de ces insuffisances afin d’y apporter des réponses adaptées.
L’un des axes majeurs de cette évaluation repose sur l’approche « One Health », qui prend en compte l’interconnexion entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement. Dans un contexte où les maladies émergentes proviennent majoritairement de zoonoses et où les effets du changement climatique exacerbent les risques, cette approche intégrée n’est plus une option mais une nécessité.
Par Julien Efila

