Insalubrité à Douala : Des ordures à chaque coin de rue
Nyalla, Yassa, Bepanda et d’autres quartiers subissent des dépôts sauvages de déchets, mettant en danger la santé des habitants et perturbant l’activité économique.
À Douala, la capitale économique du Cameroun, l’insalubrité urbaine demeure un problème persistant. Dans les quartiers de Nyalla, Yassa, Bépanda, Ndokotti ou Logbessou, les déchets s’accumulent à chaque coin de rue, obstruant les caniveaux et favorisant la prolifération de maladies. Au marché Chateau à Nyalla, dans le 3e arrondissement, à 10 heures du matin, des tas d’immondices jonchent le sol, mêlant déchets ménagers et médicaux. Les mouches y ont élu domicile, tandis que commerçants et habitants subissent les odeurs nauséabondes. « Avec la chaleur actuelle, l’odeur est insupportable, ça m’étouffe », confie Aristide, commerçante de vivres frais. Une autre commerçante rapporte des problèmes respiratoires depuis son installation dans cet espace marchand il y a trois ans.
Si Hysacam, l’entreprise chargée de l’hygiène et de la salubrité, prévoit un ramassage régulier des déchets, le porte-à-porte est loin d’être respecté. « Les poubelles ne sont pas vidées à temps, même lorsqu’elles sont pleines. Résultat : les déchets s’accumulent », explique une habitante du quartier Logbessou, à Douala 5. Selon le service communication d’Hysacam, l’affectation des bacs dépend de la validation du maître d’ouvrage, la Communauté urbaine de Douala, et l’incivisme des habitants complique la gestion des sites de dépôt.
Le programme Douala Clean City, lancé en octobre 2023 par la CUD, vise à améliorer la collecte et la sensibilisation des populations pour rendre la ville plus propre. Cependant, sur le terrain, l’efficacité de cette initiative semble limitée. Les dépôts sauvages continuent d’impacter la santé publique, favorisant paludisme, infections respiratoires et risques cutanés. L’environnement n’est pas épargné : sols et cours d’eau sont pollués, et la biodiversité locale menacée.
Face à cette situation, les autorités et les populations sont appelées à agir conjointement. Le renforcement des collectes, la sensibilisation citoyenne et le respect des installations existantes apparaissent comme des mesures indispensables pour transformer Douala en ville saine et agréable à vivre.
D.K.

