Infrastructures routière: le MINTP explore des solutions innovantes

A l’occasion de la 28e session du Conseil national de route (Conaroute) tenue le 02 juillet 2025 à Yaoundé, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a exploré et présenté un certain nombre de solutions alternatives pour minimiser le coût réputé très élevé du bitumage de nos routes.

Trouver des solutions innovantes pour améliorer à la fois la qualité de nos infrastructures routières et minimiser les coûts de construction. C’est sur la toile de fonds de cette thématique que le Conseil national de la route a tenu ses travaux le 02 juillet dernier à Yaoundé. Le ministre des Travaux publics, en sa qualité d’ingénieur de l’Etat en matières d’infrastructures routières a exploré un certain nombre de voies alternatives pour viabiliser le réseau routier du Cameroun qui comporte 04 catégories de routes. A savoir, les autoroutes, les routes nationales, les routes régionales et les routes communales. Un réseau routier qui s’étend sur un linéaire de 121 873 km et depuis le 31 décembre 2024, il cumule 10 575,94 km de routes bitumées et 111 297,06 km de routes en terre.

Des retours d’expériences, selon le ministre des Travaux publics, les études des cas sur le terrain montrent que les structures de chaussées coûtent chères et représentent 25 à 40% du coût global des travaux. Pour réduire ces coûts, prescrit Emmanuel Nganou Djoumessi, il est essentiel de trouver des alternatives aux revêtements en béton bitumeux (semi grenu, à modules élevés, mince, drainant), afin de réaliser des infrastructures routières à moindre coût, tout en maintenant leur qualité. L’objectif étant de maximiser les résultats avec des ressources limitées.

Le ministre des Travaux publics présente des alternatives au béton bitumeux pour la construction et l’entretien des routes interurbaines, à savoir : les chaussées rigides, les pavés autobloquants en béton, l’empierrement amélioré avec stabilisation, l’enrobé à froid modifié et les enduits superficiels, ainsi que la solution tricouche en émulsion de bitume.

6 milliards Fcfa le kilomètre

Toutefois, explique le ministre, pour que ces différents revêtements assurent convenablement leurs fonctions de sécurité, de protection, de pérennité et de confort, ils doivent être posés sur les couches d’assise présentant de bonnes performances mécaniques.

Pour ce faire, explique-t-il, des études approfondies sont nécessaires pour évaluer les avantages économiques, environnementaux et sociaux que procure chaque type de revêtement. Autre alternative innovante, le ministre des Travaux publics indique que l’on pourrait envisager des revêtements en matériaux rigides comme alternatives principales au béton bitumeux, dans la construction et l’entretien des routes. Cependant, souligne-t-il, l’investissement initial est fort important pour la disponibilité des intrants. Autre alternative proposée par Emmanuel Nganou Djoumessi, le recyclage des chaussées sur certains tronçons routiers du pays.

Rappelons que le coût d’un kilomètre de route goudronnée au Cameroun est très élevé. On estime qu’il peut coûter entre 1 million et 1,5 million de dollars américains, soit environ 600 millions à 900 millions de francs CFA.  A titre de comparaison, des études ont montré que les coûts de construction routière au Cameroun sont souvent plus élevés que dans d’autres pays africains ayant des niveaux de développement similaires.

D’après un rapport de la Banque mondiale publié en 2018, les coûts des projets routiers au Cameroun sont deux à six fois supérieurs à ceux de projets similaires dans des pays ayant des niveaux de développement équivalents. Pour preuve, indique cette institution, l’autoroute Yaoundé-Douala atteindra un coût de 11 millions de dollars américains par kilomètre, soit un peu plus de 6 milliards de francs CFA (par rapport à 3,5 millions USD en Côte d’Ivoire et 3 millions USD ou au Maroc), tandis que l’autoroute Yaoundé-Nsimalen coûte 6,12 millions USD par kilomètre, soit un peu plus de 3 milliards de francs CFA.

EM

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