Import-substitution: Plus de 13 milliards pour booster la production agropastorale

Des conventions entre le gouvernement, représenté par le Minepat, et la Banque camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises (BC-PME), ainsi que le Upper Nun Valley Development Authority (UNVDA Ndop), représentés par leurs directeurs généraux, ont été paraphées le 14 août 2025 à Yaoundé, dans le but de renforcer la souveraineté alimentaire du Cameroun et réduire la dépendance aux importations. 

Une série de contrats d’un montant total de 13,55 milliards Fcfa ont été signés le 14 août 2025 à Yaoundé, entre le gouvernement représenté par le ministre de l’Économie, du Plan et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey, et des structures publiques, dont la Banque camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises (BC-PME) et le General Upper Nun Valley Development Authority (UNVDA Ndop), représentés par leurs directeurs généraux, Amadou Haman pour la BC-PME et Eric Andangfung pour l’UNVDA Ndop. Ces fonds sont destinés à soutenir la production agropastorale et halieutique dans le cadre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH) et visent à booster la souveraineté alimentaire du pays et réduire la dépendance aux importations.

La répartition des fonds se fera entre les différentes structures impliquées. Il s’agit notamment de la Banque camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises qui se taille la part du lion et qui recevra 9,2 milliards de Fcfa pour soutenir les opérateurs privés dans les filières stratégiques du PIISAH. Le reste de la cagnotte, soit 4,3 milliards Fcfa reviendra à la General Upper Nun Valley Development Authority et à d’autres entités publiques. Parmi ces autres entités bénéficiaires, figure en bonne place l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD). Mais aussi l’Office céréalier, la Société de développement et d’exploitation des productions animales (Sodepa), ainsi que les Projets Viva-Logone et Viva-Bénoué pour dynamiser la production de riz, de céréales, de viande, de lait et de semences.

3 000 milliards Fcfa

Le ministre de l’Economie du Plan et de l’Aménagement du Territoire Minepat), Alamine Ousmane Mey a salué cette signature de documents qui marque, selon lui, une étape décisive vers l’atteinte des objectifs du PIISAH.  D’autant que la signature de ces contrats intervient dans un contexte camerounais marqué du sceau d’une dépendance alimentaire budgétivore et onéreuse pour les caisses de l’Etat. En effet, entre 2013 et 2022, le Cameroun a dépensé en moyenne 3 000 milliards de Fcfa par an pour des importations du riz, du poisson, du blé, du maïs et des huiles. Une saignée financière sous forme de subventions qui pèse lourdement sur la balance commerciale et fragilise la souveraineté alimentaire nationale du pays.

Tant et si bien que pour inverser cette tendance, le gouvernement a adopté un plan triennal intégré 2024-2026 d’un coût global de 1 500 milliards de Fcfa dont la mise en œuvre repose sur un financement massif en faveur de la production et de la transformation locale. Dans le cadre de l’exécution de ce plan, lors de la première année d’exécution en 2024, l’Etat avait mobilisé 248,49 milliards de Fcfa pour son lancement.  Mais rendu à l’heure d’une évaluation de cours d’exécution, les résultats sont jugés plutôt « mitigés » par plusieurs observateurs.

Conscient de ces manquements de démarrage, le gouvernement entend rectifier le tir à l’occasion de la deuxième année. C’est pourquoi l’effort budgétaire sera porté à 511,63 milliards de Fcfa pour cette année 2025, puis sera porté à 611,4 milliards en 2026, soit près de 100 milliards Fcfa de surplus par rapport à l’année précédente. Au bilan, 800 milliards de Fcfa ont déjà été mobilisés, soit 53 % du financement total prévu. Les filières prioritaires étant le riz, le maïs, le poisson et les produits de grande consommation, avec en ligne de mire une réduction drastique de la dépendance alimentaire du pays et un renforcement de son autosuffisance à l’horizon 2028.

EM

 

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