Gestion des forêts: L’Etat décroche un financement 110 milliards
Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé, le 31 mars 2026, un ficancement en faveur du Cameroun dans le cadre Programme d’économies forestières durables du bassin du Congo, Phase 1 de l’approche programmatique multi-phase.
Harold Tavares, administrateur du Groupe de la Banque mondiale, a écrit, le 1er avril, à Alamine Ousmane MEY, ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat). Dans cette correspondance, l’on apprend que le Cameroun a été éligible au crédit « IDA ». Il s’agit du crédit de l’Association internationale de développement (IDA), filiale de la Banque mondiale, dont le taux d’intérêt est zéro ou taux faible, longue maturité. « J’ai l’honneur de vous rendre compte que le Conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale a approuvé ce 31 mars 2026, un crédit IDA d’un montant équivalent à 193.83 millions de dollars (environ 110 milliards de FCFA) des Etats-Unis en faveur de la république du Cameroun pour la Phase1 du Programme d’économies forestières durable du Bassin du Congo ».
Ce financement, indique le responsable, fait partie d’une enveloppe globale régionale d’un montant total équivalent à 385.83 millions de dollars (219 milliards de FCFA) des Etats-Unis repartis entre les pays bénéficiaires, à concurrence d’un crédit IDA de 120 millions de dollars pour la République du Congo et des dons IDA de $60 millions pour la République Centrafricaine, $ 4 millions pour la Commission Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et $4 millions pour la Commission des Forets d’Afrique centrale, (COMIFAC).
L’objectif du programme est d’améliorer la gestion forestière, renforcer les chaines de valeur forestières et créer des emplois dans les zones ciblées des pays du Bassin forestier du Congo. Les activités du projet s’articuleront autour des six composantes suivantes : préservation de la biodiversité ; gestion durable des forêts ; et développement économique local ; protection des droits des peuples ; littoralisation verte et réduction de la déforestation. Ce programme est cohérent avec la Stratégie Nationale de Développement (SDN30) ainsi qu’avec le Cadre de Partenariat de la Banque mondiale avec le Cameroun (CPF) pour la période 2025-2029.
Selon l’institution de Bretton Woods, cette initiative vise à améliorer la gestion forestière, renforcer les chaînes de valeur du secteur et générer 220 000 emplois dans les trois pays bénéficiaires. Sur le plan opérationnel, le programme prévoit la mise sous gestion durable de près de 8 millions d’hectares de forêts, avec à la clé une réduction annuelle de 17,6 millions de tonnes de CO2. Il ambitionne également d’accroître de 15% la part du bois transformé légalement, tout en soutenant les entreprises forestières communautaires, les systèmes agroforestiers et les zones de transformation dédiées aux PME.
Le dispositif devrait par ailleurs bénéficier directement à plus de 500 PME et à 20 000 personnes, dont 40% de femmes, à travers des formations, des financements et des infrastructures adaptées. Plus de 7 000 jeunes seront également accompagnés dans des initiatives entrepreneuriales. Pour Chakib Jenane, directeur régional du pôle Planète à la Banque mondiale, ce programme constitue une avancée majeure pour le bassin du Congo.
Maixent Fegue

