Gestion des carrières et de la solde: AIGLES prend son envol
Les contours des innovations apportées par la nouvelle application de gestion des ressources humaines de l’administration publique ont été dévoilés au Palais des congrès de Yaoundé à l’occasion de la conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs du ministère des Finances.
Robert Simo Kengne, Directeur de la dépense de personnel et des pensions à la Direction générale du Budget (DGB) au ministère des Finances (Minfi), est monté au créneau pour entretenir les participants à la Conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs du Ministère des Finances autour de « la réforme sur la gestion de carrières, de la solde et des pensions : AIGLES ». Il s’agit en fait de la nouvelle application visant à remplacer le dispositif SIGIPES– ANTILOPE, qui a gouverné la gestion des ressources humaines de l’État pendant les 38 dernières années. Limité dès sa naissance, l’ancien dispositif a montré de grosses faiblesses avec la multiplication des statuts et des règles de gestion. D’où la nécessité pour le Gouvernement de recourir à un système plus fiable et plus sécurisé.
Face à certaines faiblesses observées dans le dispositif ANTILOPE-SIGIPES, Roger Simo Kengne a expliqué que l’application AIGLES ambitionne de jumeler la carrière et la solde avec la constitution d’une base de données dont les avantages sont légion et les plus importants portent sur la gestion du dossier de l’agent (famille, enfants, etc.), la lutte contre les fraudes diverses, la gestion électronique des documents, la gestion des évaluations et la qualité du service, les avancements automatiques, la gestion des droits de pension, la gestion des présences à partir des données biométriques, la bonne évaluation de la fiscalité sur salaire, la liaison automatique entre les mesures de discipline, la carrière et la solde, la réduction du temps consacré au suivi du dossier, la baisse de la pression psychologique engendrée par le suivi des dossiers. Sur les innovations du nouveau système, le Directeur de la dépense de personnel et des pensions fait observer que le nouveau dispositif couvre un effectif de 294 498 sur les 376 538 agents publics payés en décembre 2024. Les gains générés se passent de tout commentaire. Sur le plan administratif, Simo Kengne a évoqué, entre autres, l’allègement de la charge de travail dans les administrations (cela suppose un arrêt de la signature systématique des actes d’avancements d’échelon ou de classe dans les ministères). Le seul acte de carrière à signer dans les ministères étant les bonifications d’échelon. Il évoque également une plus grande disponibilité pour les autres aspects de la gestion des ressources humaines (satisfaction, motivation au travail, évaluation de la performance, mobilité, ingénierie des ressources humaines).
Sur le plan financier, le gain préalable est l’incidence de l’assainissement effectué en prélude à la mise en service de AIGLES représentait 91 millions par mois. Depuis l’entrée en service de la nouvelle application, l’incidence financière directe (écart net entre les éléments de salaire avant et après) est revue à la baisse, soit 72 millions par mois. C’est dire que cette réforme consacre la réduction du coût de gestion des agents publics (moins de personnel dédié, moins de paperasse) et surtout la limitation significative des possibilités de fraude. En somme, apprend-on, AIGLES est la matérialisation de la modernisation de la gestion des ressources humaines de l’administration publique. Elle combine rapidité et efficacité dans la gestion des carrières et de la solde.
La somme des explications apportées par le Directeur des dépenses de personnels et des pensions a donné lieu à des échanges fructueux avec le public. Ceux-ci ont, pour la plupart, porté sur les préoccupations relatives à l’historicité dans le système AIGLES, l’automaticité, l’évaluation de la performance et la correction des erreurs, ainsi que les faiblesses de l’application. A l’issue de ces échanges, les principales recommandations formulées ont été de finaliser tous les modules en vue d’une utilisation optimale de l’application, d’étendre son champ d’action à tous les statuts particuliers, mettre en place une infrastructure informatique adaptée aux exigences technologiques en matière de fluidité, d’optimalité et d’efficacité, poursuivre la réflexion sur les questions organisationnelles de l’administration, notamment l’impact sur les activités des services (CENADI, la cellule SIGIPES, la Direction des ressources humaines), afin de les adapter à la réforme.
Source : Minfi

