Gabon: 4ème pays le plus prospère en 2026
Selon le dernier rapport « Prosperity Index 2026 » publié par HelloSafe, le pays s’affirme non seulement comme leader incontesté de la zone Afrique centrale, mais bascule également la hiérarchie continentale.
Avec un score de 52,54, le Gabon se hisse à la 4ème place des pays les plus prospères d’Afrique, selon le dernier rapport « Prosperity Index 2026 », publié par HelloSafe. Ce classement évalue la prospérité des pays en fonction de cinq indicateurs : le Produit intérieur brut (PIB) en parité de pouvoir d’achat, le revenu national brut, l’indice de développement humain, la répartition des revenus et le taux de pauvreté relative. « A Libreville, cette performance est mise en avant comme le signe d’une relative stabilité macroéconomique, soutenue par les revenus pétroliers, une urbanisation avancée et des infrastructures plus développés que celles des pays voisins. Mais cette lecture positive masque une économie encore fortement dépendante de la rente et un peu diversifié », indique une source.
Dans la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cemac), le Gabon devance le Cameroun, le Congo, le Tchad, la Centrafrique et la Guinée Equatoriale sur plusieurs indicateurs de richesse et de développement humain. Mais derrière cet écart, cette apparente réussite se cache une réalité plus complexe. L’écart avec les autres pays s’explique moins par une dynamique structurelle durable que par la combinaison d’une rente pétrolière élevée et d’une faible population. Le modèle gabonais reste marqué par une contradiction : richesse apparente et vulnérabilité structurelle. Les politiques de diversification vers le bois, les mines et les services existent, mais leur impact demeure limité face au poids des hydrocarbures dans les finances publiques.
L’intégration monétaire au sein de la Cemac n’a pas suffi à réduire les écarts de développement entre les pays membres. Le Cameroun, malgré son potentiel économique, peine à traduire sa croissance en prospérité pour sa population. Le Congo et la Guinée Equatoriale, quant à eux, restent fortement dépendants de leurs ressources pétrolières, ce qui les rend vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux. Le Tchad et la République Centrafricaine, sont confrontés à des défis sécuritaires et infrastructurels qui entravent leur développement. Dans ce contexte, la position du Gabon, qui se classe 4ème pays est à la fois encourageante et révélatrice des limites de la région. Elle souligne que la prospérité actuelle est fragile et dépendante des cycles des matières premières, et qu’elle ne bénéficie pas nécessairement à l’ensemble de la population.
Pour les experts, l’enjeu n’est pas de savoir qui est en tête du classement, mais de garantir la durabilité de la croissance et de la prospérité dans la région. Ces enjeux sont basés sur l’investissement dans l’industrialisation et les infrastructures, le développement du capital humain et les compétences ; l’amélioration de la gouvernance et de la transparence. Pour échapper à une prospérité fragmentée et vulnérable, la Cemac doit impérativement transformer ses ressources en investissements productifs. L’industrialisation et le développement du capital humain sont les clés pour une croissance durable et inclusive. Mais cela nécessite une gouvernance économique efficace, des institutions solides et une capacité des Etats à travailler ensemble pour renforcer l’intégration régionale.
Ils doivent créer un espace économique, intégré et résilient, capable de résister aux chocs internes et externes. Le Gabon se positionne derrière les Seychelles, Maurice et l’Algérie.
Diane Kenfack

