Forme de l’État : vers un redécoupage administratif au Cameroun
Le ministre de l’Administration territoriale (MINAT), Atanga Nji Paul, a adressé aux gouverneurs des régions un message-fax daté du 02 décembre 2025 marqué « TRÈS URGENT ». Dans cette note signée, il est écrit : « Dans perspective actualisation carte administrative du Cameroun en vue meilleur maillage territoire national ». Le document demande aux chefs de régions de soumettre des propositions pour une révision de la carte administrative du pays.
Les gouverneurs doivent ainsi formuler des suggestions concernant la création de nouveaux départements et arrondissements, en y joignant des délimitations territoriales précises. Le MINAT exige que ces propositions reposent sur des critères clairement définis, tels que la « taille de la population », l’« étendue unités administratives-mères et unités à créer » ou encore la « distance entre unités administratives à créer et unités-mères ».
Le document met également en avant des éléments socio-économiques, incluant les « activités économiques, sociales et culturelles », ainsi que la « disponibilité immédiate infrastructures pouvant accueillir premiers services de base ». Par ailleurs, le ministère insiste sur la prise en compte de « considérations stratégiques et sécuritaires » dans l’identification des zones susceptibles d’accueillir de nouvelles unités administratives. La note conclut sur le caractère prioritaire de la démarche, soulignant son « urgence et importance particulièrement signalées ».
Pour l’heure, il ne s’agit que d’une phase de consultation : aucune décision officielle relative à un éventuel redécoupage n’a encore été arrêtée. La suite du processus dépendra des analyses et propositions transmises par les gouverneurs conformément aux instructions du MINAT.
Cette initiative intervient dans un contexte où la question de la forme de l’État reste au cœur des débats nationaux. Alors que le Cameroun compte actuellement 10 régions, 58 départements, environ 360 arrondissements et quelques districts administratifs, des voix s’élèvent pour réclamer une reconfiguration plus adaptée aux réalités locales. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), les mouvements séparatistes persistent à revendiquer la sécession, tandis que d’autres courants politiques défendent l’idée d’un fédéralisme comme réponse aux tensions. Le projet d’actualisation de la carte administrative pourrait ainsi raviver les discussions sur l’équilibre territorial et institutionnel du pays.

