Finance Week 2026: La CDEC déclare la guerre aux banques récalcitrantes

À l’occasion de cette rencontre dédiée aux enjeux de la finance et de l’économie dans le CEMAC, tenue le 30 avril à Yaoundé, Richard Evina Obam, a promis d’utiliser tous les moyens légaux pour contraindre ces établissements financiers indélicats à reverser les fonds légalement dus à l’institution.

Appeler à intervenir à l’occasion de la 4ᵉ édition de la Finance Week, sous le thème « Comment faire des caisses des dépôts et consignations un outil de développement au service de la CEMAC », le directeur général de la CDEC a livré un cours magistral sur l’avenir des caisses de dépôts et consignations dans la CEMAC.

Mais surtout, Richard Evina Obam a voulu adresser un message clair aux acteurs qui refusent encore de transférer les ressources légalement dues à l’institution publique camerounaise. « Nous allons utiliser tous les moyens pour rentrer en possession des ressources qui nous sont dues et qui sont retenues par certains acteurs », a-t-il martelé devant un parterre de financiers, régulateurs et décideurs publics.

Derrière ces déclarations, la CDEC vise principalement les banques et autres structures financières accusées de conserver des fonds relevant pourtant du périmètre légal des dépôts et consignations. Une résistance qui constitue une remise en cause de l’autorité de l’État, alors même que le cadre juridique est explicitement établi depuis plusieurs années. Pour cela, le directeur général a en effet tenu à rappeler que la loi du 14 avril 2008, complétée par le décret du 15 avril 2011, a défini les ressources devant être transférées à la CDEC.

Mais, en dépit de cela, certains acteurs auraient choisi « le dilatoire et un lobbying excessif » afin de préserver une manne financière considérable. Une situation, estime le patron de la CDEC, qui fragilise le financement de l’économie du pays.

Mais le discours de Richard Evina Obam ne s’est pas limité aux seules banques commerciales. Le dirigeant a également pointé ce qu’il considère comme le rôle trouble de certaines institutions communautaires, en particulier sur la question sensible des avoirs en déshérence. « Il n’y aura point de développement au niveau de la sous-région sans un minimum de transparence », a-t-il insisté. Le directeur général vise notamment la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), qui par une note demandait aux établissements de crédits exerçant au Cameroun de surseoir aux transferts des fonds en déshérence à la CDEC.

Face à cette situation, la CDEC entend durcir le ton. Richard Evina Obam a rappelé que l’institution bénéficie du privilège du Trésor, un mécanisme juridique lui permettant de recouvrer les fonds qui lui sont légalement dus. Il s’est également appuyé sur la loi du 25 juillet 2023 relative au privilège du Trésor, notamment son article 19 alinéa 2, qui prévoit la possibilité d’engager solidairement la responsabilité personnelle des dirigeants d’entreprises.

Autrement dit, les responsables des structures récalcitrantes pourraient voir leurs patrimoines personnels engagés si les fonds concernés ne sont pas reversés. « La CDEC n’hésitera pas à saisir le patrimoine personnel des dirigeants si cette défiance ne s’arrête pas », a averti le DG.

Par Julien Efila

 

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