Fichier solde de l’Etat: L’Etat a recouvré 14,5 milliards de FCFA
L ’État poursuit sa lutte contre la fraude au sein de la fonction publique. À la suite d’un vaste audit des effectifs, le ministère des Finances (MINFI) a récupéré 14,5 milliards de FCFA de salaires indûment perçus par des fonctionnaires absents ou fictifs. L’annonce a été faite le 28 janvier 2025 à Yaoundé par le ministre des Finances, Louis Paul MOTAZE, lors d’une rencontre avec le comité chargé de la récupération des soldes des comptes des agents fantômes. Cette somme a été recouvrée grâce au blocage de 3 360 comptes bancaires, dans le cadre d’une collaboration étroite avec les banques commerciales. « En juin 2023, j’ai émis des avis à tiers détenteur collectif auprès des établissements de crédit afin que ces fonds soient reversés au Trésor public », a déclaré le Ministre.
L’opération de recensement des fonctionnaires, lancée en 2018, a permis d’identifier des milliers d’agents percevant des salaires sans travailler. Plus de 310 000 travailleurs avaient été ciblés pour vérification, entraînant la fermeture de nombreux comptes suspects. En février 2019, le Gouvernement avait déjà suspendu les salaires de 15 254 agents soupçonnés d’être fictifs. Parmi eux, 12 546 comptes bancaires ont été identifiés comme encore actifs. Le montant initialement ciblé pour recouvrement était de 15,5 milliards FCFA. Avec les 14,5 milliards FCFA récupérés à ce jour, le taux de réalisation de l’opération atteint 94 %. Toutefois, des recours restent possibles pour les agents concernés, le MINFI ayant instruit les banques d’établir des attestations de reversements individuels pour tout fonctionnaire souhaitant contester les prélèvements effectués. Au-delà du phénomène des fonctionnaires fantômes, les banques commerciales ont également signalé des abus liés aux crédits contractés par des agents de l’État. Certains d’entre eux ouvraient plusieurs comptes bancaires pour obtenir des prêts qu’ils ne remboursaient jamais. Un cas extrême mentionne des individus ayant ouvert des comptes dans sept banques différentes avant de disparaître. Face à ces pratiques, le ministre des Finances a exhorté les établissements de crédit à renforcer les mécanismes de contrôle et à mettre en place des plateformes d’échange d’informations.
Source : Minfi

