Fer de Nkout : la mise en production attendue dans six mois
Réunis ce 19 décembre à Yaoundé au ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique(Minmidt) les autorités camerounaises et un consortium international ont enclenché le compte à rebours pour l’entrée en production de ce gisement avec l’ambition d’en faire un levier durable d’industrialisation, d’emplois et de transformation locale.
Le chronomètre est enclenché. Au Minmidt, l’avenir du fer de Nkout s’est joué en quelques heures, autour d’une ambition clairement affichée : faire entrer ce gisement stratégique dans sa phase de production en un temps record. Ce 19 décembre, le Minmidt, Fuh Calitus Gentry, a reçu en audience un consortium international conduit par Delta Ressources Cameroon Plc, venu poser les jalons d’une restructuration profonde du projet.Selon les engagements pris, une fois les préalables juridiques et administratifs levés, notamment la signature de la convention minière et l’octroi du permis d’exploitation la production pourrait démarrer dans un délai de six mois. Les premières importations d’équipements lourds sont annoncées dans la même fenêtre temporelle.Mais le projet ne se limite pas à l’extraction du fer. Le consortium a également dévoilé un volet structurant axé sur le capital humain. Il s’agit notamment du financement intégral et de la construction d’une école des mines, de géologie et de pétrochimie dans la région du Sud. Un choix stratégique, justifié par la concentration exceptionnelle de projets miniers dans cette partie du pays, qui abrite à elle seule plus de six initiatives extractives majeures, en plus du projet gazier et pétrolier de Yoyo-Yolanda.Dans la même dynamique, le lancement imminent de campagnes de recrutement et de présélection des jeunes diplômés a été annoncé. Des milliers d’emplois directs et indirects sont attendus, avec un accent particulier sur l’inclusion des jeunes, des femmes et des PME locales. Par ailleurs, des bourses de formation seront attribuées à des dizaines de Camerounais afin de renforcer les compétences nationales et faciliter l’insertion socio-professionnelle dans les métiers miniers et pétroliers.Autre pilier de cette restructuration : les infrastructures. Le consortium prévoit le démarrage de travaux routiers destinés à désenclaver les zones d’exploitation et à soutenir la logistique industrielle du projet.Avec des réserves estimées à environ 600 millions de tonnes, dont 22 millions de tonnes de minerai directement exploitable (DSO), extensibles à un milliard de tonnes, le fer de Nkout est projeté sur une durée d’exploitation minimale de 50 ans. Un potentiel qui, selon le ministre, peut devenir un véritable moteur de développement local et national. « La réussite de la filière minière passe par des partenariats solides, une conception intégrée et une vision industrielle assumée », a souligné, Fuh Calitus Gentry.Par Julien Efila

